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1624 à Fontenay, le temple, le fisc et la prison

Après les ravages de la guerre de 1621 en Bas-Poitou, et quatre ans avant le terrible siège de La Rochelle, la présence protestante semble se faire plus discrète à Fontenay : le temple déménage du cœur de la ville vers un faubourg, à un endroit plus modeste, mais contre un bon prix payé par les "habitants catholiques". Ceux-ci n'ont cependant pas les moyens d'en jouir et préfèrent l'abandonner au roi un an plus tard, en diminution de l'imposition particulière qui les frappe et qui est destinée à payer la construction d'une prison. On aménagera donc l'ancien temple pour ce faire. La transaction entre le fisc et les habitants est une minute notariale. 

  

Quelques mots restent à élucider. Peut-on compléter la transcription ? 

  

Sait-on où se trouvait exactement le temple et de quand il datait ? 

  

Le temple change si rapidement de mains, qu'on peut se demander si les acquéreurs n'avaient pas, dès l'origine, l'intention d'en faire la prison. Les habitants auraient-ils eu d'autre dessein sur ce temple ? 

  

La prison s'y est-elle effectivement installée ? Et combien de temps ? 

  

Le déménagement du temple a été négocié par les "habitants catholiques". 

Les protestants ne participent-ils pas à la communauté d'habitants de la ville ? 


Date de publication : 20 février 2013

Auteur du billet : Archives Vendée £

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Le 01/04/2013 à 13h48, le00h20 a écrit :

Dans son "Eglise réformée de Fontenay-le-Comte" parue en 1872 chez Robuchon, B. Fillon a inséré dans une première Appendice sa "Note sur les divers édifices où le culte a été célébré à Fontenay".
Il y évoque la destruction en septembre 1574 d'un premier temple, le saccage du second en avril 1622, puis un troisième, qui subsista jusqu'à la Révocation, "construit dans les faubourgs des Loges, le long du fossé séparant ce faubourg des prairies, sur un terrain acheté aux frais des catholiques."
Quelques allusions à ces divers temples figurent aux notices des pasteurs, en particulier à celles d'Arnold Bodin, Claude du Moulin, Nicolas Pénisson, Louis Hesnard et Pierre de la Valade, mais nulle mention de prison.

Le 01/04/2013 à 23h14, D. RONDEAU a écrit :

Deux temples successifs reconvertis en « prisons » ?

Oui, l'ancien temple est bien devenu une prison, en 1625, selon la base Mérimée (réf.  :IA85000455 ) mentionnant les sources utilisées pour établir une notice consacrée à la prison qui la remplaça :
« La prison de Fontenay, rue Gaston-Guillemet, jouxtant le palais de justice, a été aménagée ou construite a novo au cours du second quart du 18e siècle, suite à l'acquisition pour le roi, en 1724, de deux maisons et d'une grange pour "servir à l'avenir de prison royale dudit Fontenay au lieu de l'ancienne" ; cette dernière se trouvait à l'emplacement du 8bis rue Pierre-Brissot depuis 1625. »
Vous pouvez voir une photographie de ce lieu sur le blog personnel de Ronny LOUINEAU :
http://www.fontenaylecomte-blog.com/article-maison-d-arret-fontenay-c-est-le-choix-du-bon-sens-68143451.html

Ce qui est cocasse, c'est que selon une autre fiche de la base Mérimée (réf. : IA85000466) le nouveau temple, situé à l'Est du cours d'eau de la Vendée cette fois, est devenu ensuite un hôpital général, c'est-à-dire, selon la terminologie et l'usage de l'époque, un lieu d'enfermement des pauvres :
« L'hôpital général Saint-Louis destiné aux "pauvres mendiants", situé dans le faubourg des Loges, paroisse Notre-Dame, fut fondé en 1684 par des lettres patentes de Louis XIV. Il fut financé par la confiscation des propriétés du consistoire protestant (temple, cimetière, maison du pasteur, installés dans les années 1620 aux Loges) et s'élève à leur emplacement. »

Le 02/04/2013 à 02h17, le00h20 a écrit :

Cet hôpital est évoqué par B. Fillon dans l'appendice (cf. ref. supra) avec, en outre, la notule suivante "On transforma, à la même époque, (1685) en champ de pâture pour les bestiaux, le cimetière des calvinistes établi en 1599 près de Jarnigande".

Le 03/04/2013 à 14h51, Philippe Jaunet a écrit :

Marie-Thérèse Réau, dans son ouvrage "Fontenay-le-Comte, capitale du Bas-Poitou. Urbanisme et architecture, XVe-XIXe siècle", précise (page 88) que le temple protestant et le logement du pasteur, reconstruits en 1597, étaient situés à l'emplacement du 8bis de la rue Pierre-Brissot. Elle conclut : "En 1624, ce bâtiment sera échangé avec un emplacement aux Loges destiné à la construction d'un nouveau temple et servira de prison jusqu'en 1724 ; des expertises conduites en 1750 et 1758 en donnent des descriptions, mais il est difficile d'y reconnaître alors autre chose qu'une simple demeure".

Le 04/04/2013 à 11h15, Philippe Jaunet a écrit :

Les assemblées traitant des affaires générales de Fontenay-le-Comte se tenaient en présence de l'ensemble des habitants, que ceux-ci fussent catholiques ou protestants. Les questions religieuses ou paroissiales rassemblaient seulement les membres de chaque communauté : les réformés pour les affaires les concernant ; les catholiques de chacune des trois paroisses séparément ou conjointement selon les sujets.

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