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Tromper l'ennemi

En août 1914, les soldats français partirent au front vêtus de tenues voyantes inadaptées à la guerre moderne. L’adoption de l’uniforme bleu-horizon en 1915 et l’habitude prise d’enduire casques et gamelles de boue pour éviter les reflets du soleil illustrent un changement important : il ne s'agit plus d’impressionner l’ennemi, mais de le tromper en se fondant dans le paysage. 

  

Les photographies proposées dans ce billet laissent penser que d’autres techniques de camouflage étaient utilisées. Elles ont été prises dans l’Aisne sur la route du front, aux alentours de Pontavert, Roucy et Bouffignereux, entre 1914 et 1918. Elles proviennent d'un fonds de plaques de verre collectées à l'occasion de la Grande Collecte 14-18 de novembre dernier. Quelques soldats - cyclistes, cavaliers, hommes à pied - circulent sur cette route de terre. Les bas-côtés semblent protégés par des filets et des haies artificielles. D’autres filets ou tentures sont tendus entre deux poteaux qui coiffent la route tous les 20 à 30 mètres. Ces aménagements correspondent-ils à une technique de camouflage ? Si oui, étaient-ils destinés à tromper un observateur situé au sol ou dans les airs ? Où ont-ils été utilisés ? 

  

L’utilisation de ce type de procédé permet-il de dater ces clichés ? 

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Autre exemple de camouflage d'une voie de circulation fourni par M. Logeais (commentaires du 04-08-2014 et du 14-11-2014) : 


Date de publication : 25 février 2014

Auteur du billet : Archives Vendée -

Liste des commentaires

Le 27/02/2014 à 11h19, BEAUPERIN a écrit :

De tels aménagements se perfectionnent tt au long de la guerre de 14-18 en vue de faire face au développement spectaculaire de l'observation aérienne (ballons captifs, zeppelins ou aviation). Il s'agit donc de soustraire aux vues des observateurs des éléments défensifs ou offensifs. En raison de leur intérêt stratégiques, les routes reliant le front aux cantonnement sont ainsi dissimulées en vue de protéger les mouvements de troupes ou de matériels. On brise ainsi les formes pour faciliter tt mouvement notamment ceux en plein jour... en vue de maintenir dans l'ignorance l'ennemi sur la fréquence des mouvements, les horaires. Leur installation s'effectue de nuit. Si l'axe est parallèle au front, on tend les toiles entre deux poteaux ou entre deux arbres. Si l'axe est perpendiculaire, on place les filets en guirlandes.
Selon les éléments dont je dispose, il existe plusieurs tonalités de camouflage qui répondent aux contraintes géographiques des secteurs (Champagne, Chemin des Dames, Vosges...). Ce principe est utilisé pour les écluses, voies ferrées.
Selon les éléments visibles, ce cliché a sans doute été pris après la fin de l'année 15, date à laquelle le casque Adrian est généralisé pour l'ensemble de l'armée.

Le 01/07/2014 à 00h44, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Dans l'ouvrage " Les Carnets de René Cergeau 1914-1919 " (Ed. La plume du Temps), page 206, ce soldat du 206e R.I. de Saintes note : " Le 17 (novembre 1916), je suis allé (de Bouxières aux Chênes - Lorraine - ) à Fleur-Fontaine où le capitaine me faisait appeler. A l'aller, je suis allé passer devant le plateau d'Amance, par la route camouflée qui mène à la forêt, j'ai longé les bois ".
Au regard du texte, une photo - ni datée ni localisée - d'une route camouflée par des filets tant sur les deux côtés qu'au dessus.

Le 02/08/2014 à 15h45, Archives Vendée £ a écrit :

Pourrait-on disposer d'un scan de la photographie de ce camouflage ?

Des filets au-dessus de la route et sur les côtés : on a là une protection maximale. Notre exemple doit gêner surtout une perspective du genre vue cavalière, soit depuis une élévation surplombant le site.

Le 04/08/2014 à 23h15, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Aucun problème pour vous scanner cette photo, mais il vous faudra attendre la mi-novembre.

Le 11/09/2014 à 00h39, le00h20 a écrit :

Le sujet a été fort bien traité par Cécile Coutin, dans son ouvrage "Tromper l'ennemi - L'invention du camouflage moderne en 1914-1918" édité en 2012.
Riche iconographie, avec des vues similaires de voies terrestres dans l'Aisne notamment, au passage intitulé 'Toiles et filets XXL' aux pages 81 à 98.

Le 28/10/2014 à 18h27, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Dans son livre " Fournaises " paru en 1920 aux Editions Gilly à Paris, Marcel DELUS, lieutenant au 14e bataillon de chasseurs alpins, écrit en page 172 (à la date du 11.7.1916 et vers La Neuville-sur-Bray) : " Maintenant un grillage aux larges mailles de raphia borde la route d'un côté et la masque à la vue des saucisses ennemies ".

Le 14/11/2014 à 11h01, Jean-Pierre Logeais a écrit :

Dans mon commentaire du 4 août 2014 du billet " Tromper l'ennemi " paru dans la rubrique " Identifiez-les ", j'avais indiqué être en mesure de vous scanner la photo d'une " Route camouflée par des filets ". La voici en pièce jointe (voir billet).
Je ne pense pas qu'elle soit en rapport avec les lieu et date indiqués dans mon commentaire du 1er juillet. Il est seulement précisé " Doc. JPP ", renvoyant sans doute à M. Jean-Pierre PETIT auquel l'auteur adresse ses remerciements en page 5 de l'ouvrage.

Le 30/11/2014 à 17h22, MARQUET a écrit :

article très intéressant sur le camouflage pendant la guerre de 14-18:
centenaire.org/fr/camouflage/le-camouflage-pendant-la-première-guerre-mondiale-une-arme-qui-trompe-mais-qui-ne-tue-pas

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