L@boratoire des internautes

Noces au Langon

La carte éditée par Phelippeau porte un petit cachet compris dans l'impression même : « IMPR. RÉUNIES DE NANCY », ce qui pourrait laisser une marge d'erreur à la légende, tant on remarque qu'elles sont souvent approximatives. Le photographe-éditeur étant toutefois du Langon, la localisation ne devrait pas faire de doute. 

Reconnaît-on bien ici une rue du Langon ? 

Trois musiciens marchent en tête, chapeau mou ou melon sur la tête, et en complet veston : ils sont endimanchés. 

Qui sont le violoneux, le hautboïste et le trompettiste ? 

Derrière eux s'étire le cortège nuptial, en tête duquel marche la mariée. Elle a encore la tête couverte de son voile : on est donc sur le chemin de l'église, et c'est au bras de son père qu'elle doit avancer, et non à celui de son mari. Les dames sont en tenue bourgeoise, les premières coiffes paysannes n'apparaissent qu'au 8e rang. Ce n'est donc pas tout à fait une « noce paysanne ». Du reste les messieurs, également en tenue stricte de ville, portent col raide, gants blancs, chapeau haut de forme ou chapeau melon à la rigueur. Un canotier au troisième rang apporte une note de fantaisie. Les chapeaux mous n'apparaissent que loin derrière. 

Sachant que la noce est (de peu ?) antérieure au 6 mai 1911, qui peuvent être les mariés ? 

  

  

4 février 2014 : un internaute nous signale cette autre carte de la même noce, expédiée en 1908. 


Date de publication : 02 février 2014

Auteur du billet : Billet suggéré du Langon

Liste des commentaires

Le 03/02/2014 à 17h09, Christian Soulard a écrit :

Je possède une autre carte postale représentant cette même noce avec la légende "14 - LE LANGON (Vendée) - Une noce" et la mention "Edit. Phelippeau". Par contre, il n'y figure pas le cachet "Impr. Réunies de Nancy".

J'ai également une carte du même photographe Phelippeau du cortège d'une noce passant devant la mairie du Langon. La similitude est qu'il y a un personnage avec canotier au 3éme rang. Même noce ?
Je peux si vous le désirez vous l'envoyer par mail.

Le 03/02/2014 à 18h28, Archives £ a écrit :

Cette carte a-telle été envoyée ? La poste y a-t-elle mis un cachet permettant de remonter un peu la date actuelle ? (même s'il y a fort à parier que la carte envoyée en 1911 n'est pas bien vieille).

Pouvez-vous envoyer le cliché aux Archives : archives at vendee.fr
On le publiera sur le billet.

Il faut croire que cette noce a eu du succès pour que la carte connaisse deux tirages différents.

Le 03/02/2014 à 20h30, MARQUET a écrit :

Cette carte figure sur le site Vendée,costume et tradition, St Gilles Croix de Vie en cartes postales anciennes (stgil.e-monsite.com), avec la mention "collection Phelippeau écrite 1908"

Le 03/02/2014 à 23h58, Christian Soulard a écrit :

Malheureusement les 2 cartes en ma possession ne sont ni écrites ni oblitérées donc impossible à dater.
Je vous ai envoyé le cliché représentant le cortège d'une noce passant devant la mairie.
[N.B. : il vient d'être ajouté en fin du billet ci-dessus]

Le 05/02/2014 à 11h55, Christian Soulard a écrit :

Sur le site du Parc interrégional du Marais poitevin, en rubrique Médiathèque ( http://mediatheque.parc-marais-poitevin.fr/consulter/?3galerieID=&Rech_Guidee=1&MotRecherche=%2Blangon&MotRechercheSuggestID=&MotRechercheSuggestText=&MotRecherche1=langon ) figure une carte du cortège avec les musiciens datée du 12 septembre 1906.

Le 05/02/2014 à 14h55, Philippe Jaunet a écrit :

Dans l'ouvrage collectif "Le Langon, au fil du temps", dont la couverture est illustrée par la carte représentant la fameuse noce, figurent quelques détails intéressants. On apprend en page 165 que la noce se terminait souvent par un repas à l'hôtel du "Laurier rose", qui était situé à l'actuel n° 13 de la place des Anciens combattants et était tenu, au début du vingtième siècle, par Véronique Prézeau et son époux, qui jouait du violon les jours de foire (page 80). Ce pourrait être le violoneux recherché. Une société communale de musique avait été toutefois fondée dès 1888 (page 202), à laquelle appartenaient peut-être les trois musiciens recherchés. La société se scinda et "la Fanfare langonnaise" et "la Lyre langonnaise" furent respectivement créées en 1929 et 1931. Enfin, le photographe Alfred Phelippeau résidait au n° 1 de la même place (alors appelée place du Champ de foire), y tint une épicerie et un magasin de surprises jusqu'en 1934 (page 71). Il était semble-t-il le seul photographe à exercer ses talents sur Le Langon et les communes avoisinantes.

Le 05/02/2014 à 15h13, Philippe Jaunet a écrit :

Les tenanciers du "Laurier rose" s'appelaient Pierre Jean Baptiste Prézeau et Françoise Véronique Fauconnier et se marièrent au Langon en 1887. Jean Prézeau, qui pourrait être le violoneux de la noce, y était né en 1858.

Le 05/02/2014 à 23h01, Archives Vendée £ a écrit :

Nous approchons doucement. La carte, encore utilisée en 1911, représente un mariage qui a eu lieu au plus tard en 1906 et non plus 1908 (depuis la découverte de l'exemplaire de la médiathèque du Marais poitevin). Le violoneux pourrait être le père Prézeau, né en 1858, donc âgé de 48 ans en 1906.

Le canotier est porté par un petit bonhomme, mais il est au bras d'une petite bonne femme. Ce pourraient bien être encore des enfants, ce qui justifierait ce couvre-chef détonnant parmi les haut de forme.

Les arbres de la place (de la mairie ?) sont maigrelets et encore soutenus par des tuteurs. Sait-on quand ils ont été plantés ou quand on a arraché leurs prédécesseurs ? Y a-t-il trace de cela dans les archives municipales ou même les délibérations (disponibles ici en ligne normalement) ? Voilà qui permettrait de disposer d'une date de départ, donc d'une fourchette chronologique jusqu'à 1906. Avec un peu de chance, l'examen des registres de mariage dans ces dates resserrées permettra ensuite de savoir à quel père de la marié faire porter le haut de forme...

Personne n'a encore confirmé le sens de la marche du cortège (vers l'église du Langon).

Le 06/02/2014 à 08h10, Christian Soulard a écrit :

Le cortège passant près de la mairie se dirige vers l'église toute proche sur leur droite. Quant à la carte avec les musiciens, je n'arrive pas à situer l'endroit au Langon.

Le 11/02/2014 à 12h16, Jean-Marcel Bouton a écrit :

La carte avec les musiciens vient après celle de la mairie.Le cortège suit la rue Georges Clémenceau actuelle pour tourner à droite devant l'ancien presbytère et tourner encore à droite au bout de 30 mètres afin de rejoindre l'église que l'on aperçoit au fond à gauche sur la carte.

Le 12/02/2014 à 21h47, Maurice Bedon a écrit :

Comme il s’agit d’un petit éditeur il a tout naturellement travaillé avec une grosse maison d'édition. Jules Robuchon a ses débuts travaille avec Neurdein également à Nancy et on trouve sur ces cartes ce petit cachet rond.

Je serais tenté de dire (si le derrière de la carte est non divisé) que la carte ( en fonction de la grandeur de la photo sur le Recto qui laisse un blanc) que nous sommes à la fin de la période précurseur vers 1902 . Si la carte est divisée au verso nous sommes au début de la période dite de “ l’âge d’or” et Phelippeau ne s’est pas encore mis à la mode (vers 1905)

Il ne s’agit ni d’un mariage paysan ni d’un mariage aristocratique mais d’un mariage bourgeois. Et au Langon il n’y a qu’un petit“château”maison bourgeoise . Dans ce cas on pourrait avoir affaire au mariage d’une Demoiselle DEVERTEUIL ? peut être avec le docteur Eugène GOURMAUD ?

Le 26/02/2014 à 10h45, Élisabeth Aujeau a écrit :

Michel Aujeau est persuadé que le cortège figurant sur la première carte postale a été photographié rue Georges Clemenceau, entre les numéros 11, à droite, et le numéro 8, à gauche. Le cortège va en direction de Port.
Une photo prise récemment peut confirmer cette hypothèse

Le 06/03/2014 à 22h43, will a écrit :

je propose cette vue trouvée sur google maps avec steetview concernant la photo avec les musiciens rue clémenceau ? ( clic sur le lien )
http://cjoint.com/?DCgwKEHoDEF

Le 09/03/2014 à 23h27, Archives Vendée £ a écrit :

La superposition paraît vraiment coller. Le mur de gauche est en parpaings artificiels, et n'a donc rien à voir avec le mur de pierre de la carte postale. Pourtant il épouse les mêmes contorsions. Il a donc dû être reconstruit sur le même tracé. Bel exemple des parmanences !

Le 10/03/2014 à 19h45, will a écrit :

apparemment il reste encore un bout de l'ancien mur . voir photo sur le lien suivant ( copier/coller ): http://cjoint.com/?DCktMF2zp8i

Le 11/03/2014 à 23h05, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

La chaîne d'angle que l'on aperçoit dans le coin, en haut à gauche, de la première carte postale, correspond à celle de la maison située 8 rue Georges Clemenceau.
Quant au toit, en haut à droite, il ressemble à celui de la maison sise au 3 de la même rue.

Le 19/04/2014 à 14h07, J.M. Bouton a écrit :

Le mariage du 28 août 1905 peut-il retenir l'attention?
Le marié Pellerin Pierre est instit au Langon. La mariée Bernard Emma est instit au Langon.Son père Bernard Eugène est instit à Sepvret (Niort-Lusignan).
Comme témoins figurent 1 épicier de La Rochelle,1 instit de St Léger les Melle,Maurice coulais propriétaire au Langon...

Le 20/04/2014 à 09h10, Christian Soulard a écrit :

Ce mariage a dû retenir l'attention du photographe Phelippeau car les instituteurs étaient des personnes de référence.
Dans les villages il y avait 1) le curé, 2) le maire, 3) l'instituteur.
Ils savaient écrire, et apprenaient à écrire, ce qui imposait le respect et l'admiration dans des populations où l'analphabétisme était courant.
Question : comment avez-vous découvert que c'est ce couple qui a été photographié ?

Le 21/04/2014 à 22h16, JM Bouton a écrit :

Je ne suis sûr de rien et n'affirme rien.
Ce mariage qui pourrait correspondre a attiré mon attention mais il faudrait une confirmation...

Le 25/04/2014 à 14h03, Élisabeth Aujeau a écrit :

En relisant les commentaires, je ne vois nulle part mentionné le fait que le violoniste est gaucher. Ce peut être un indice ?

Le 04/05/2014 à 16h33, JM Bouton a écrit :

Ce mariage d'instituteurs me plait bien.Même en agrandissant les photos il est difficile de dire si c'est le père de la mariée de 50 ans ou le marié de 26 ans.Mais c'est le même personnage et le cortège ne va pas à l'église et n'en vient pas car il n'y a pas eu de mariage religieux (confirmation par le Père Baudry des Archives historiques de Luçon).Ce n'est pas surprenant car nous sommes en 1905 et ce sont des instituteurs publics.Mr Pellerin obtient une indemnité représentative de logement de 31,25 Francs pour le 4ème trimestre 2005 et 12,50 Francs pour 2006 (session ordinaire de nov 2005 du conseil municipal).

Le 06/05/2014 à 16h40, MARQUET a écrit :

On peut écrire un roman à partir d'une carte postale !
Les (Langonais ?) seront heureux d'apprendre que leurs plus proches ancêtres étaient des analphabètes ! Ecole de Jules Ferry 1880-1905. Les actes de mariages au Langon entre 1900 et 1905 sont tous signés d'une écriture tout à fait correcte, ce qui tendrait à prouver que l'écriture était maîtrisée, et probablement aussi la lecture. Jules Verne est mort en 1905, ses histoires paraissaient en feuilleton. L'almanach Vermot a été publié pour la première fois en 1886, le Petit Journal en 1863 etc...1905 c'est aussi la théorie de la relativité d'Einstein... Le Langon d'après les cartes n'est pas au milieu de nulle-part !
Par ailleurs on nous choisit un mariage d'instituteur en 1905, qui n'est pas passé à l'église. Est-ce à cause du chapeau haut de forme ?
1° 1792 dissociation du mariage civil et religieux, ce n'est pas une nouveauté.
2° La Loi de 1905 est du 9 décembre.
3° Les instituteurs n'étaient que des petits fonctionnaires mal payés. Dans les campagnes ce métier était choisi soit pour éviter la conscription qui était longue, car les instituteurs étaient exemptés (l'exemption n'a été supprimée qu'en 1889), soit pour éviter aux gringalets la dureté des travaux aux champs ou pour s'élever dans la société. La IIIème république a magnifié les Hussards Noirs pour les besoins de la cause.
Le curé, le maire, l'instituteur : beau cliché, un peu éculé ... pour les années qui nous intéressent..

Le 07/05/2014 à 11h44, Christian Soulard a écrit :

De l'art de l'interprétation !
Où avez-vous lu dans mes propos que les Langonnais avaient leurs ancêtres analphabètes ?
J'ai dit que l'analphabétisme était courant à cette époque, jamais dit qu'il était général.
Pour vous, le fait que le maire et son adjoint maîtrisent l'écriture prouverait que c'est le cas pour le reste de la population ?
J'en doute, il suffit d'ailleurs de voir le nombre d'actes dans la période 1900-1905 où des personnes disent ne savoir signer.
Enfin, cliché éculé que de dire que le maire, le curé et l'instituteur étaient des personnalités à cette époque ? pas si sûr que vous, tant il était encore fréquent bien plus tard dans les années 50-60 qu'ils soient invités à déjeuner dans les familles et que celles-ci s'en faisaient un honneur.

Le 07/05/2014 à 14h33, MARQUET a écrit :

Ce n'est pas le maire qui signe les actes ni le secrétaire de mairie. A chaque fois il est mentionné qui n'a pas signé, en général d'ailleurs la mère de l'époux ou de l'épouse, ou de rares fois, un témoin. Faites le ratio entre les signatures apposées et celui ou celle qui ne sait pas signer, et vous avez un quota extrêmement favorable aux signataires pour chaque mariage.
Rassurez-vous mème les historiens ne sont pas d'accord. L'enquête Maggiolo, publiée je crois dans un ouvrage en 1889, a réuni des statistiques sur les progrès de l'instruction élémentaire de Louis XIV à Napoléon III, en réunissant les réponses à un questionnaire envoyé aux instituteurs (malheureusement la Vendée n'y figure pas). C' est intéressant.
Quel rapport entre les années 50-60 et les années 1900-1905 ?

Le 09/05/2014 à 11h02, Archives Vendée £ a écrit :

Revenons à cette noce, si vous le voulez bien. Rien ici ne permet de poser la question de l’alphabétisation.

L’identification des deux photos repose encore sur une hypothèse, celle du mariage de Pierre Pellerin et d’Emma Bernard, le 28 août 1905, tous deux instituteurs au Langon. Elle est fragile mais très intéressante, car s’il s’agit du cortège d’un mariage civil, et qui plus est d’instituteurs publics en cette année 1905, c’est une véritable manifestation dans le débat qui agite la France et la Vendée de l’époque. Or qu’on en ait diffusé des photos, et qu’on les ait utilisées en cartes postales au moins une demi-douzaine d’années, n’est sans doute pas anodin. Ce n’est pas n’importe quel mariage dont on garde le souvenir et qu’on s’envoie, ce serait celui de l’instituteur qui n’est pas passé à l’église !

En l’état actuel des choses, peut-on réfléchir au trajet du cortège. Les premières réponses le situaient par rapport à un passage obligé à l’église. S’il n’en est plus ainsi, peut-on confirmer que la direction qu’il prend ne l’y mène pas ?

Le 10/05/2014 à 18h02, MARQUET a écrit :

Ce qu'il serait intéressant de savoir, c'est l'année où ont été prises les photos qui ont servi ensuite à éditer les cartes postales. Avant 1905, j'en suis persuadée.
Nous sommes en présence de 3 cartes : une avec la mention " collection Phelippeau, photographe au Langon et un cachet des Imprimeries Réunies de Nancy, et deux avec la mention "Edition Philipeau".
Les Imprimeries Réunies de Nancy sont nées en Mai 1905 de la fusion des Ets Bergeret Humblot et Helminger.
La mention " collection" entraîne la notion de pluralité. Quant à "Edition Philipeau" c'est une orthographe erronée du nom Phelippeau. on peut en déduire que ce n'est pas ce dernier qui en est l'éditeur.
Intéressons-nous aux Phelippeau. D'après les listes de recensement du Langon :
1896: Alfred le père se déclare cultivateur, est né en 1843, a épousé Louise Gallerneau le 30/6/1868 et a deux fils Alfred 23 ans et Maurice 11 ans. Ils demeurent quartier Bois-Lambert-Pelgaudrie.
1901 Alfred Père se déclare Propriétaire Cultivant, son fils Alfred sans profession, mais aurait comme patron GUY Pierre menuisier, et Maurice menuisier. Ils sont toujours aux Bois-Lambert;
1906 : Alfred Père se déclare sans profession, Alfred fils idem, Maurice épicier
Ils habitent ensemble avec la mère Place du Champ de Foire.
Idem au recensement de 1911.
Le photographe c'est Alfred Père ou Alfred Fils ?
En 1905 une "collection" de tirages photographiques a déjà été accumulée que les père et fils peuvent proposer aux Imprimeries Réunies pour édition en cartes postales
Le mariage photographié serait alors plus ancien. Un couple ami ou relation proche des Phelippeau. J'en vois deux qui leur sont voisins, place du champ de foire :
- GUY Pierre, menuisier chez qui ont été les enfants Phelippeau. Il s'est marié le 5/5/1897, avec Marie Chauveau, Un contrat de mariage a été établi chez un notaire à Poiré sur Velluire. Ils sont recensés en 1901 et 1906 Place du Champ de Foire, lui, menuisier, elle Maîtresse d'Hôtel.
- Prézeau Pierre, Jean Baptiste, cultivateur, marié avec Françoise Véronique Fauconnier, marchande le 3/8/87. Ils sont recensés, en 1901, lui marchand de vin, elle sans profession, Place du champ de foire. En 1906, lui marchand épicier, elle sans. En 1911 lui épicier, elle sans, toujours Place du champ de foire. Pas trace de l'Hôtel du laurier rose.
Qu'en pensez-vous ?

Le 12/05/2014 à 23h55, Archives Vendée £ a écrit :

Les photographies sont-elles contemporaines des cartes postales qui les représentent ? La question vient troubler l'enquête, tant elle bouleverse les repères. Il est vrai que Robuchon, par exemple a publié des cartes postales de photos vieilles de plusieurs décennies, une vue des salons de la préfecture sous le Second Empire par exemple. Gageons pourtant que le cas est exceptionnel. Il fallait que la photo ait été remarquable. De savoir déjà que la noce du Langon s'est vendue une demi-douzaine d'années paraît incroyable et pourrait soutenir l'hypothèse d'un mariage pas comme les autres (pourquoi pas celui, civil, des instituteurs ? si on trouve un élément pour le conforter).

La comparaison des deux cartes souligne une bizarrerie. Le cortège est très long dans la première, mais singulièrement réduit dans la seconde. Qu'est devenue la queue du cortège ?

Le 13/05/2014 à 20h45, MARQUET a écrit :

La carte postale photographique ne date que du début des années 1890. Robuchon a exposé ses premiers clichés à Paris en 1863. Dès 64 il utilise la photographie en lieu et place du dessin et de la peinture. Rien d'étonnant à ce qu'il utilise ses anciens clichés qui n'avaient pas besoin d'être exceptionnels ou remarquables.
Que les cartes des Noces du Langon se soient vendues pendant une douzaine d'années n'est pas surprenant. La carte postale à correspondance ouverte profitait d'un affranchissement inférieur au courrier ordinaire, et l'espace réduit permettait une prose courte que devaient apprécier ceux qui n'étaient pas des épistoliers enragés.
Un mariage symbolique d'instituteurs laïcs ? Le jeune couple Pellerin-Bernard n'était pas originaire du Langon, ne devait pas être là depuis longtemps. Pierre P. n'était pas titulaire de son poste, il n'était qu'adjoint. A cette époque rien qu'au Langon, il y avait plusieurs instituteurs (trices) publics et privés (voir recensement 1901-1906). Et puis un mariage d'instit sans les écoliers... curieux.
Quant à la queue du cortège, peut-être faut-il inverser le problème. Au départ il est restreint et s'étoffe par la suite. Et les musiciens ? Ils ne sont que sur une carte.

Le 01/07/2014 à 11h05, Philippe Jaunet a écrit :

Dans sa séance du 15 août 1900, le Conseil municipal du Langon décide la démolition de la maison du champ de foire, " pour agrandir et embellir le place publique" et autorise le maire Paul Gourmaud à acquérir l'immeuble des époux Prézeau-Fauconnier, marchands de vins, d'épicerie et de mercerie, situé sur le place publique et attenant à la dite maison. Cette acquisition est effective le 24 mai 1901 et l'entrée en jouissance étant fixée au 29 septembre, la Commune l'adjuge le 13 octobre à Ernest Faucher, à charge "que les murs seront abattus au ras du sol, le terrain aplani et débarrassé de tous objets et rendu propre à la circulation le 1er février 1902" Il est raisonnable de penser que l'aménagement de la place a commencé peu après cette dernière date. Dans sa séance du 9 novembre 1904, le Conseil établit le cahier des charges de l'adjudication des droits de place du champ de foire dont le bail doit expirer le 31 décembre. Enfin, dans sa séance du 27 mai 1906, il décide la construction d'un urinoir sur la dite place.
Cela permet de préciser quelque peu la date de la photographie, compte tenu de la plantation récente d'arbres.

Le 01/07/2014 à 11h25, Philippe Jaunet a écrit :

L'hypothèse du mariage de Pierre Pellerin et d'Emma Bernard est séduisante. Nous disposons, pour la confirmer ou l'infirmer, d'une information fort intéressante. Maurice Coulais, propriétaire au Breuil, qui fut maire de la commune entre 1941 et 1971 et s'éteignit dans sa centième année, était en effet témoin de la mariée. Un(e) Langonnais(e) le reconnaîtrait-il dans le cortège ?

Le 04/09/2014 à 14h18, Philippe Jaunet a écrit :

Les dossiers des époux Pellerin-Bernard, conservés aux archives de la Vendée sous la cote 1 T 295, ne sont pas illustrés de leurs photographies. Nous ne pouvons donc pas éventuellement les reconnaître. Pierre Henri Eugène Pellerin, né en 1879, est nommé instituteur au Langon dès le 1er novembre 1901 et devient titulaire adjoint en 1904. Il y "jouit de l'estime publique", mais est tué à la guerre en 1914. Emma Stéphanie Bernard, née en 1882, est nommée au Langon le 1er octobre 1904 et demande à être chargée de l'école de garçons après la mort de son époux. Elle est l'auteure d'un chant à la gloire des soldats vendéens de la première guerre mondiale et d'un recueil de poèmes en vers. Elle est nommée à Lesson en 1922 et meurt à La Rochelle le 17 mai 1925, laissant une fille.

Le 16/01/2017 à 16h05, Y Dan a écrit :

Bonjour, quelqu'un saurait-il dire quel morceau de musique était joué par le musiciens devant les mariés ? Cette musique a été jouée jusqu'en 1960/65 et je n'arrive pas à retrouver ....
Merci de me le dire si vous savez ...

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