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Quatre coiffes : quatre communes différentes ?

La fin du XIXe siècle a été l'âge d'or du costume des habitants des campagnes, au point que parfois chaque commune se distinguait par son vêtement, tout particulièrement par les coiffes portées par les femmes. 

  

Celles que portent ces quatre femmes permettent-elles d'identifier une seule commune ou plusieurs ? 

  

En attendant mieux, on date cette photo « vers 1900 ». Elle aurait été éventuellement prise par Pierre Tenailleau à Saint-Étienne-du-Bois ou dans ses environs, mais c'est à confirmer ou à corriger. 

Aux alentours, Beaufou semble avoir disposé de deux coiffes, une pour la haute paroisse, semblable à celle du Poiré, et une seconde pour la basse paroisse, qui n'est toutefois pas documentée à ce jour. 

  

Peut-on identifier les femmes qu'elle représente ? 

  

La vue est prise « en studio », aurait-on dit quelques années plus tard : on repère bien en bas à droite le drap, sans doute noir, tendu derrière le groupe pour qu'il se détache sur un fond uni. Les vêtements des unes et des autres sont identiques, peut-être plus sombres pour les deux femmes placées à l'arrière et qui paraissent plus jeunes. Ils semblent assez simples. Ces femmes ne portent du reste aucun bijou, ni boucle d’oreille ni même une bague aux doigts visibles sur la photo. Surprendre est un bien grand mot, car la photo est évidemment très posée. Les postures, vraisemblablement dictées par le photographe, ménagent une certaine symétrie et veulent susciter cette douceur que manifestent les deux femmes à l'avant en se tenant par la main. Cette douceur corrige un peu la sévérité des visages, sans doute crispés par le respect du temps de pause comme par la gravité du moment : se faire photographier demeure exceptionnel et sert assez souvent à distribuer son image à des proches. On se met donc en scène, d'une certaine façon. Ces femmes immortalisent ici des liens forts, ceux de l'amitié ou plus vraisemblablement de la parenté. 


Date de publication : 02 octobre 2018

Auteur du billet : M. Mignet

Liste des commentaires

Le 12/01/2019 à 19h47, D. RONDEAU a écrit :

Hormis les foulards religieux, très légèrement différents des coiffes portées par les quatre femmes photographiées, les habits des Petites Sœurs des Pauvres, vers 1900, correspondent absolument parfaitement aux costumes de ces personnes. Et cette congrégation féminine était implantée en Vendée, au moins aux Sables d'Olonne.

Le 19/01/2019 à 00h05, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Le même genre de coiffe est visible sur le tableau de François Eugéne BRILLAUD (Cugand 1846-1916) intitulé " Le viatique en Vendée " et dont le thème est le décès de sa mère, Françoise Jeanne COULONNIER, décédée à Cugand le 14.01.1908.
Cette peinture est au Musée de La Roche-sur-Yon. Reproduite en carte postale, on peut la zoomer aisément à l'adresse https://www.ebay.fr/itm/CPA-Salon-1910-F-BRILLAUD-Le-Viatique-en-Vendee-702067/223053720153.

Le 19/01/2019 à 01h00, le00h20 a écrit :

Pour mémoire, ledit tableau de Brillaud, est ci-après reproduit en couleur :

http://www2.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0674/m077604_912-2-1_p.jpg

Le 15/04/2019 à 00h38, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

La Bouillaïe des ancêtres, bulletin du Cercle Généalogique Vendéen, a publié, dans ses numéros 152 et 153, des informations relatives au tableau de BRILLAUD et notamment les noms de plusieurs personnes qui y sont représentées. Celle qui porte la coiffe dont le modèle est recherché dans ce billet est une demoiselle âgée, Esther BOUSSEAU, née le 12.06.1826 à Cugand où son père était fabricant d'étoffe.

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