L@boratoire des internautes

Les « Hercules » michelais, 1918

Cette photographie, éditée sur carte postale et proposée au L@boratoire par un internaute, a été prise en 1918 dans un jardin de la commune de Saint-Michel-en-l'Herm. Sur l’écriteau placé au centre, il est inscrit « Les hercules C.P.G. chaumière de St Michel en l'Herm, 1918 ». Qui sont-ils ? 

  

Six hommes posent sur cette photographie. Les reconnaissez-vous ? Un numéro a été attribué à chacun pour faciliter leur reconnaissance. Ils appartiennent à différents régiments d'infanterie : le 137e RI de Fontenay-le-Comte pour trois d’entre eux (n° 1, 2 et 4), le 93e RI de La Roche-sur-Yon pour un autre (n° 5) et le 8e RI de Saint-Omer pour le dernier (n° 3). Certains soldats portent des décorations et des insignes de manche (chevrons, galons), dont la marque AX qui désigne des soldats auxiliaires. Est-il possible de les identifier ? 

  

Tous portent des fleurs à la boutonnière, un symbole déjà évoqué dans d'autres énigmes (voir Un œillet à la boutonnière et Régiments d’artillerie ou d’infanterie ?). En reconnaissez-vous l’espèce ? Quel en est le sens ? 

  

Si l’inscription « Les hercules C.P.G. chaumière de St Michel en l'Herm, 1918 » permet de localiser et de dater la photographie, elle reste assez obscure. Le sigle militaire « CPG » est parfois utilisé pour désigner les « combattants prisonniers de guerre », est-ce un développement adapté ? S’agirait-il de prisonniers de retour des camps ? Le mot « hercule », qui désigne habituellement un homme fort, est-il utilisé par défi pour décrire la condition de prisonnier, ou par ironie pour désigner ces soldats auxiliaires ? Et le mot « chaumière », indique-t-il un lieu ? 

  

Un vase cratère posé sur un piédestal occupe l’arrière plan de la photographie. Ce détail permet-il de reconnaître le lieu de la prise de vue ? Le cliché a-t-il été pris dans l’enceinte du château par exemple ? 


Date de publication : 27 novembre 2014

Auteur du billet : M. Criteau

Liste des commentaires

Le 10/12/2014 à 23h51, le00h20 a écrit :

Etienne Moreau a consacré quelques lignes à Saint-Michel-en-l'-Herm, dans "Les hôpitaux de Vendée durant la guerre - L'accueil des blessés et malades en Vendée pendant la Guerre 1914-1918" ( Les cahiers philatéliques vendéens, vol. 15, La Roche-sur-Yon, 1996 ), mentionnant l'année de la déclaration de guerre une unité de 10 lits dans le pavillon du château du sénateur Paul Le Roux.
L'auteur, faute documents, s'étendant plus sur une autre propriété de l'élu Vendéen, Maugarny, à Montlignon au nord de Paris, qui hébergea jusqu'à 75 convalescents.

Le 12/12/2014 à 09h11, Le Roux Patrice a écrit :

Cette photographie a été prise devant le soubassement tapissé de lierresdu réfectoire du XVII°siècle de l'abbaye de St Michel en l'Herm . Le cratère figurant sur la photo est encore à cette place où on peut le constater lors des visites de l'abbaye.

Le 17/12/2014 à 14h41, Archives Vendée ; a écrit :

Le lieu de la prise de vue est désormais clairement localisé : il s'agit du parc de l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm. Pendant la guerre, le propriétaire est Paul Le Roux, sénateur de la Vendée de 1897 à 1923. Merci vivement à M. Le Roux de sa confirmation.

Concernant l’hypothèse de l’hôpital militaire, la piste est intéressante. L’ouvrage de F. Olier et J.-L. Quénec’Hdu "Hôpitaux militaire dans la guerre 1914-1918. Tome I" (Ysec, 2008) confirme les informations données par 00h20. L'ouvrage mentionne un hôpital bénévole numéroté n°39 bis et annexé à l’hôpital complémentaire n°46 de Luçon. Cet établissement, situé dans la propriété de la famille Le Roux, aurait compté 10 lits et aurait fonctionné du 2 septembre au 17 novembre 1914.

L’écriteau sur la photographie porte cependant la date 1918. L'abbaye de Saint-Michel-en-l’Herm aurait-elle hébergée, après 1914, d’autres victimes de guerre, accueillies à l’initiative ou grâce au concours généreux des propriétaires ?

Le 23/12/2014 à 13h55, guérin a écrit :

je confirme ce qu'a écrit Patrice Le Roux. Il y a toujours une plaque sur le pavillon des moines qui signale que ce bâtiment a servi d'hopital militaire. Le mot hercule comme chaumière sont des traits d'humour. Il me semble par leur attitude qu'ils ont tous perdus l'usage d'un de leurs bras. La chaumière est surnommée le château à St Michel.

Déposer un commentaire