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Qui est cet amiral ?

BILLET CLOS le 8 juillet 2011.
Lire la suite : " Cet amiral serait-il Henri Libaudière (1820-1892) ?" 

  

Ce portrait, peint par Fouque en 1878, se trouve dans une institution publique de Vendée

  

L'homme a donc vraisemblablement une relation avec le département, mais on a perdu son identité. Ses décorations témoignent qu'il a fait la campagne du Mexique sous le Second Empire. Pour le reste, nous comptons sur vous


Date de publication : 21 juin 2011

Auteur du billet : F.R.

Liste des commentaires

Le 30/06/2011 à 11h49, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Ne s'agirait-il pas du vice-amiral Ernest Marie Ferdinand RICHARD, né à Curzon le 28.9.1843, maire de St Cyr en Talmondais, et décédé le 7.6.1916 à La Moricière (de St Cyr en Talmondais ?) ?
Cordialement.

Le 30/06/2011 à 11h49, Régine RIVALLAND a écrit :

Bonjour,

Je pense que vous avez raison Jean-Pierre !
De mon côté, je me penchais plus sur les décorations que porte cet amiral. Principalement sur la légion d'honneur qu'il porte à son cou, faisant de lui un commandeur ? ...
Voir le site du ministère de la culture concernant les dossiers des titulaires de la légion d'honneur. Côte LH/2320/8 et numéro de notice L2320008 en ce qui concerne Ernest Marie Ferdinand RICHARD.

Le mystère est il levé ?

Bonne journée à tous.

Cordialement,
Régine

Le 30/06/2011 à 11h49, depassage a écrit :

Je ne pense pas que cela soit Ernest Marie Ferdinand RICHARD pour trois raisons :
- il aurait 35 ans au moment où son portrait est réalisé. Or il en paraît presque le double.
- la deuxième médaille en partant de la droite est la médaille de la Baltique, instituée par la reine Victoria pour commémorer la guerre de Crimée (1853-1856). Or il n'a rejoint la marine qu'en 1860.
- être amiral à 35 ans n'est pas possible.

Je penche donc plutôt pour un homme né dans les années 1810-1820, et sans doute mort avant 1900.

Le 30/06/2011 à 11h49, depassage a écrit :

Je précise encore deux choses :
- la troisième médaille en partant de la droite est celle de l'ordre de Notre-Dame de Guadalupe.
- la première en partant de la gauche est celle des Palmes académiques

Le 02/07/2011 à 11h49, Donat a écrit :

Il reste encore une médaille à identifier : mais cela suffira-t-il à mettre un nom sur le portrait ?

Légion d'Honneur (rien que de très normal à ce grade), Palmes académiques (un souvenir d'une activité méritoire dans le civil ?, médaille de la Baltique (est-ce le signe d'une participation à la guerre de Crimée comme on l'a entendu dire ?), médaille de N.-D. de Guadalupe (est-ce le signe d'une participation à la guerre du Mexique ?)

A qui transmettre la question de l'identification de ce marin ? Lui donner un nom permettrait de sortir son portrait de l'ombre où il est caché.
2 juillet 2011

Le 03/07/2011 à 11h49, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Toutes les médailles ont été identifiées puisque la première à droite est la médaille de l'expédition du Mexique, crée par decret impérial du 29/8/1863.
Cordialement.

Le 03/07/2011 à 11h49, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Une petite confusion s'est opérée sur les explications de l'une des médailles.
En effet, l'amiral porte bien la " Médaille de la Baltique " mais celle-ci n'a pas été créée pour pour le corps expéditionnaire qui opéra en mer Noire, pendant la guerre contre la Russie - ce fut l'objet d'une autre décoration, la " Médaille de Crimée " - mais pour les marins et soldats qui firent capituler la forteresse russe de Bomarsund dans les îles d'Aland, à l'entrée du golfe de Finlande, le 13.8.1854, épisode de la guerre dite de Crimée.
L'une des principales différences entre ces deux décorations vient du ruban qui est jaune liseré de bleu clair de chaque côté pour la Médaille de la Baltique (comme sur le portrait) alors q'il est bleu clair liseré de jaune de chaque côté sur la Médaille de Crimée.
Cordialement.

Le 03/07/2011 à 11h49, Donat a écrit :

C'est assurément la médaille la plus rare qui nous aidera à identifier cet officier de marine (il ne devait pas encore être amiral pendant ces campagens). Sans doute la Médaille de la Baltique est-elle la plus utile ?

A vrai dire, qui sait combien il y avait d'amiraux au moment de la peinture, en 1878 ? Les amiraux doivent bien disposer chacun d'au moins une notice biographique. N'en sait-on pas déjà assez sur le nôtre pour arriver à le reconnaître ?

Le 03/07/2011 à 11h49, Anonyme a écrit :

Il faudrait consulter et dépouiller l'Annuaire de la marine et des colonies et/ou l'Almanach national. Ce dernier est disponible pour l'année 1879 sur Gallica.
Pour résumer, nous cherchons donc un amiral, encore vivant en 1878, ayant fait les campagnes de Crimée et du Mexique, commandeur de la Légion d'honneur en 1878, et ayant sans doute des attaches avec la Vendée...

Malheureusement la médaille de la Baltique ne nous aidera guère, car environ 10000 soldats l'ont reçue !

Le 04/07/2011 à 11h49, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Après avoir trouvé sur le web, dans le volume 2, p. 402, de l'ouvrage " L'expédition de Crimée : La marine française dans la Mer Noire " (par Cesar Lecat Bazancourt), la composition de l'escadre française lors de la première campagne de la Baltique (1854), par navire avec le nom de son commandant, j'ai tenté de confronter cette liste avec la base Léonore.
J'y ai relevé laborieusement quelques personnages susceptibles d'être celui du portrait mais il a fallu que j'arrive à la fin de la liste pour trouver un lieutenant de vaisseau, commandant La Syrène, frégate-transport, du nom de LIBAUDIERE.
Son dossier de Légion d'Honneur comporte 20 vues, dont une copie de son acte de naissance à Fontenay, en 1820, et différentes pièces relatives à son grade de commandeur obtenu en 1873.
Voici ce qu'en dit de lui le site de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur Finistère Nord
(http://www.semlh29n.fr/memorial/1820-04-28_libaudiere_henri):

HENRI LIBAUDIERE
28/04/1820, FONTENAY-LE-COMTE (Vendée) † 20/04/1892, BREST
Officier de la Légion d'Honneur
Officier de marine
Il entre dans la marine en 1835 sur l’ « Orion » (vaisseau école). Enseigne de vaisseau en 1841, lieutenant de vaisseau en 1848, il sera capitaine de vaisseau en 1868. En 1869, il est directeur des mouvements du port de Brest. Contre-Amiral en 1878, il assure les fonctions de Major général du 5ème arrondissement maritime de Toulon de janvier 1880 à avril 1881, puis celles de Major général à Brest jusqu’au 28 avril 1882, jour de son admission à la retraite
Date d'obtention du grade
Chevalier de la Légion d'Honneur : 14/08/1852
Officier de la Légion d'Honneur : 31/12/1863.

Il y a donc de fortes chances pour que le portrait soit celui de ce contre-amiral vendéen.

Quant à l'auteur du portrait, il doit s'agir de Jean Baptiste Marie FOUQUE, dit Marius FOUQUE, célèbre portraitiste de l'époque, né dans une famille de serruriers, le 2 juillet 1819 à Arles (vue 137/268), fils d'Honnorat FOUQUE et de Marguerite BARBIER. Le mariage de ses parents n'a pu être retrouvé, mais par les parrain et marraine de son père (12.4.1772 à Arles), on peut le rattacher aisément à la généalogie de la famille FOUQUE (Genéanet, page de Michel Stermann, alias micsterm).
Cordialement.

Le 04/07/2011 à 11h49, Donat a écrit :

Formidable ! On y est presque. On tient une piste crédible du point de vue de l'âge du personnage. Reste tout de même à vérifier qu'il a bien fait les campagnes que suggèrent ses médailles. A défaut de consulter son dossier d'officier, qui doit nous attendre aux Archives de la Marine à Vincennes, peut-être trouvera-t-on des dictionnaires biographiques ?
4 juillet 2011

Le 04/07/2011 à 11h49, Régine RIVALLAND a écrit :

Bonjour à tous,

Une partie de la rubrique nécrologique du Journal des Sables du dimanche 1er mai 1892 (vue N° 35) de l'annonce du décès d'Henri Libaudière :
... Sa carrière fut des plus brillantes. Après avoir pris part et de la façon la plus glorieuse à la plupart des campagnes de la seconde moitié de ce siècle... etc
"à la plupart des campagnes..." Une petite preuve de plus ????

A suivre...
Cordialement,
Régine

Le 04/07/2011 à 11h49, Donat a écrit :

Une preuve de plus ? Disons un pas de plus, en espérant que c'est la bonne piste. Mais il fallait l'avoir trouvé ! Le journal des Sables précise que Libaudière, mort le 18 avril 1892, était contramiral depuis le 8 octobre 1878. C'est justementl'année où a été peint son portrait, à croire qu'il y a relation de cause à effet. Il était alors déjà commandeur de la Légion d'Honneur depuis le 6 février 1875 (d'après l'Almanach national pour 1876 en ligne sur Gallica).

Mais désormais il faudrait avoir la preuve de la partcipation de Libaudière aux campagnes correspondant aux médailles, et surtout disposer d'une photo de lui, pour confirmer l'identité du portrait. Le fait qu'il soit vendéen n'est en effet qu'une hypothèse, le tableau étant dans une institution de Vendée.

Le 04/07/2011 à 11h49, Régine RIVALLAND a écrit :

Dans la composition de la flotte française pendant la Guerre de CRIMEE et l'expédition de la mer Baltique se trouve la frégate de transport Syrène (Sirène ?) dont le commandant est le lieutenant de vaisseau LIBAUDIERE.
Une goutte de plus à l'eau de notre moulin ?????

Le 04/07/2011 à 11h49, Donat a écrit :

Le moulin tourne de plus en plus vite... Mais nous sommes aux Archives : quelle est la source de ce nouveau renseignement ? Tout le monde en profitera.

Le 04/07/2011 à 11h49, Régine RIVALLAND a écrit :

http://dominique.marsac.free.fr/
FICHES BATIMENTS (à gauche)
LA FLOTTE DE LA GUERRE DE CRIMEE

Et, en ce qui concerne la frégate la sirène :

Une frégate de 52 canons (1823 - 1871) construite à Toulon de juillet 1820 à 1823. En mai 1826, elle ramène à Smyrne 200 pélerins turcs enlevés d'un brig autrichien par des pirates grecs et abandonnés sur un rocher sans vivres ni vêtements (CV de Rigny). Ce crime et bien d'autres réclament vengeance. C'est chose faite le 17 juin 1826, lorsqu'elle participe à la destruction du repaire des pirates grecs à Egine avec la division de Rigny. Le 20 octobre 1827, elle est engagée dans la bataille de Navarin contre la flotte turco-égyptienne, et combat la frégate Ihsanich qui explose à coté d'elle, faisant 23 tués et 43 blessés coté français. En 1830, elle prend part à l'expédition d'Alger, puis en juillet 1831 à l'affaire du Tage, en 1834 à la croisière du Prince de Joinville. Refondue en 1840, elle part de Brest en 1846 pour une longue campagne en Océanie. Elle touche Tahiti, puis rentre en août 1850 à Brest via à Rio (14/6). Refondue à nouveau en 1851, elle participe à la guerre de Crimée (1854 : Baltique, 1855 : mer Noire, armée en transport). Rayée le 20 juillet 1861, elle sert ensuite de charbonnière à Brest. (Caractéristiques : En bois ; 160 h en transport).

Source : http://www.netmarine.net/bat/smarins/sirene/ancien.htm

Le 06/07/2011 à 00h50, Régine RIVALLAND a écrit :

Henri Libaudière se trouvait sur le vaisseau le Prince Jérôme quand sa fille, Marie, est née (le 14 juin 1857 à Brest. Source : http://archives.mairie-brest.fr/4DCGI/Web_RegistresLance/ILUMP20537
1E Brest centre, naissances [267]
Cote : 1E134
Dates : 1857
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Brest centre. - Naissances du 1er janvier 1857 au 2 juillet 1857

Vue N° 148 (Acte 580)


Prince Jérôme

28-5-1857 : quitte Brest pour Toulon.
23-6 au 5-8-1857 : quatre sorties pour exercices aux Salins avec l'escadre.
21 et 22-8-1857 : de Toulon à Ajaccio pour exercices et croisière avec l'escadre.
31-8-1857 : mouillage à La Goulette.
18-9-1857 : escale à Barcelone.
7 au 21-10-1857 : de Toulon à Brest avec la 2. Division (Austerlitz, Ulm et Tourville).
1858 : en escadre.
10-6-1858 : désarmement
22-8-1858 : placé en réserve
1-6-1859: réarmé pour essais.
3-6-1859: sortie avec le Colbert.
10-6-1859: en commission de port.
7-1860 : réarmé pour essais avec 200 hommes, puis remise en réserve.
18-6-1862 : réarmé en transport à effectif réduit.
28 au 30-8-1862 : Toulon à Oran, avec 668 hommes du 67e de ligne.
5-9-1862 : quitte Oran à destination du Mexique.
6-9-1862 : le feu se déclare dans la membrure entre les 3e et 7e sabords de la batterie basse. On n'arrive pas à découvrir l'origine du feu malgré de nombreux coups de sonde à la tarière. Les 7 pompes suffisent à peine, le bateau entre à Gibraltar.
7 au 9-9-1862 : la lutte contre le feu continue.
10-9-1862 : la Dryade reçoit l'ordre de venir de Cherbourg à Gibraltar pour prendre les passagers du Prince Jérôme et les emmener au Mexique.

Source : http://dossiersmarine.free.fr/fs_v_V5a.html


Dryade

5-7-1862 : arrivée à Cherbourg, venant de Chine.
12-9-1862 : appareille de Cherbourg pour Gibraltar, puis le Mexique.
29-9-1862 : sur rade de Ténériffe, venant de Gibraltar.
30-9-1862 : appareille pour la Martinique.
22-11-1862 : débarquement à Tampico.
22-4-1863 : appareille de Vera Cruz pour Lorient.
25-5-1863 : arrivée à Lorient, venant de la Vera Cruz, avec son bord l'amiral Jurien de la Gravière.
17-10-1863 : transport de Lorient à Vera-Cruz par Cadix et Fort-de-France.
5-12-1863 : arrivée à la Vera-Cruz avec 1000 pax.
11-01-1864 : départ de Vera-Cruz pour la France.
18-03-1864 : départ de Cherbourg pour le Mexique
12-06-1864 : départ du Mexique, pour Brest.
Source : http://dossiersmarine.free.fr/fs_f_F10.html


Mais, toujours pas de portraits, photos pour comparaison.

Bonne lecture. ;-)

Régine

Le 06/07/2011 à 18h59, Archives/Vendée-£ a écrit :

Merci pour ces précisions qui montrent qu'on trouve de plus en plus de ressources en ligne à l'appui d'une recherche.

Au point où on en est, il est indispensable de disposer d'une photo pour confondre définitivement notre amiral. Il a été demandé à des génalogistes d'approcher la famille pour tenter d'en trouver.

Le 08/07/2011 à 18h23, Archives Vendée ; a écrit :

Vos propositions ont permis à ce jour de proposer une identité à cet officier. Ce pourrait être Henri Libaudière. Merci à tous ! Vos contributions ont permis d'ouvrir une piste de recherche prometteuse.

Il faut désormais comparer ce portrait avec une autre représentation de Libaudière...

Continuez le débat suite au billet "Cet amiral serait-il Henri Libaudière (1820-1892) ?"