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Les secrets d’une cage à écureuil

L’objet présenté est une « cage à écureuil », non pas un appareil de levage mais une petite loge de bois munie de barreaux et d’une roue, dans laquelle un petit rongeur domestique était vraisemblablement enfermé. 

  

Cette cage a été trouvée dans un moulin à eau situé au Gué à Sainte-Cécile. On ne peut pas affirmer qu’elle y ait longtemps été conservée car les propriétaires exploitaient à la même époque un moulin à vent, dit le moulin des Bois, situé non loin de là. Une cage semblable aurait existé également au moulin à eau de la Petite Vallée distant de 800 mètres du moulin du Gué. 

Sa présence dans un moulin à eau est-elle fortuite ? Connaissez-vous d’autres cages de ce type ? 

  

L’activité du moulin du Gué a cessé définitivement en 1927. La cage à roue aurait été créée antérieurement. L’assemblage des différentes pièces de bois est assuré par des tenons et des mortaises maintenus par des chevilles. Cette technique de montage est ancienne et ne permet pas de dater l’objet. Les éléments métalliques retrouvés sont : les pointes, une demi-charnière, l’axe du tambour et les pièces assurant sa liaison avec la roue, et un crochet de construction artisanale fixé sur le toit par vis à bois. Aucune de ces pièces, hormis l’axe du tambour et la liaison axe-roue, ne parait d’origine. 

Au vue de cette description, de quelle époque pourrait dater cette cage ? 

  

Au XIXe siècle, point de hamster, ce sont les petits rongeurs locaux qui font office d’animaux de compagnie. La présence d’un rat dans un moulin étant inimaginable, on peut penser qu’il s’agissait bien d’un abri à écureuil. Cet animal avait-il une utilité pour son propriétaire ? Peut-on imaginer qu’un changement d’attitude puisse alerter le meunier d’un bouleversement climatique menaçant pour l’activité du moulin ? Et si les cabrioles de l’écureuil ne sont qu’un divertissement pour les occupants, connaissez-vous des récits attestant le même engouement pour ces compagnons ? 

  

Des spécifications techniques manquent encore. 

  

Le toit était composé de trois pans : deux éléments extérieurs inclinés et un morceau central horizontal. Les panneaux latéraux étaient pointés sur les cloisons intérieures et extérieures. Le crochet indique que la partie centrale s’ouvrait sans doute grâce à deux charnières fixées à l’opposé. Quel type de charnière a été utilisé ? Etait-il identique à celle utilisée pour la porte ? 

   

  

  

  

  

  

  

  

  

Un plancher semble nécessaire, mais rien ne permet de deviner de quoi il était composé ni de quelle façon il était fixé (pas de glissière, pas de trace d’usure). Trouve-t-on, sur des objets similaires, des tiroirs destinés à l’entretien de la cage ? 

   

  

  

  

  

  

  

  

  

La fixation de l’axe du tambour n’a laissé aucune trace, ni sur la cloison séparant la roue de l’autre compartiment, ni sur l’extérieur de la cage. Cette pièce pouvait-elle reposer sur un morceau de bois vertical avec palier en tôle, fixé à la base de la cloison sans gêner la circulation du rongeur ? Merci de votre aide. 


Date de publication : 12 février 2013

Auteur du billet : Jean Thomas

Liste des commentaires

Le 26/02/2013 à 19h33, UVETEAU a écrit :

Bonjour.
Le fait d'exclure la possibilité qu'il n'y avait pas de rat dans cette cage, me semble prématuré, car aujourd'hui encore dans certaine ferme l'on trouve des rats en cage qui font fuir leurs congénères par leur cri de désespoirs. Méthode brutal certes mais efficace surtout dans un moulin. Peut-être n'est ce pas l'utilisation de cette cage? bon courage pour votre enquête.

Le 14/03/2013 à 23h06, D. RONDEAU a écrit :

Bonjour,
Je n'imagine pas un instant un rat, animal rongeur, rester durablement enfermé dans une cage en bois.
Les écureuils européens - outre le fait qu'ils traverseraient eux aussi les planches de bois - sont des animaux difficiles à apprivoiser et ils ont besoin d'espace, c'est donc bien plus une grande volière qu'une petite cage qui leur conviendrait. Il n'y a pas tant d'années que cela qu'on voit des écureuils dans les maisons, ces derniers sont originaires d'Asie.
Les meuniers devaient forcément lutter contre les rats et les souris, fréquents dans les moulins. Et ce n'était pas uniquement parce que ces indésirables bestioles risquaient de grignoter quelques grains de blé, de dévorer du son ou de la farine, de percer des sacs. C'est surtout parce que les clients auraient tôt fait la triste réputation d'un meunier livrant de la farine contenant des crottes de ces animaux-là.
Pour toutes ces raisons, je pense que cette cage devait contenir un furet.
Il n'y avait pas forcément un plancher en bois, il pouvait être en tissus et suspendu par les quatre coins du plafond de la cage, là ou le furet aime bien se cacher pour dormir.
Un furet raffole des petits compartiments ronds qu'il peut trouver dans sa cage, comme un morceau de gros tuyau dans lequel il se prélasse sur le dos, mais il n'aime pas particulièrement courir dans une roue à écureuil. Je pense donc que la structure constituée de multiples tiges de fer était éventuellement recouverte de tissus, mais était fixe et ne tournait pas forcément autour d'un axe, toujours dans l'éventualité qu'il s'agirait d'une cage à furet.

Le 27/03/2013 à 14h13, Jean Thomas a écrit :

Je confirme que le cylindre horizontal tourne sur son axe horizontal.

En effet, le cylindre est supporté par un axe central qui traverse en leur centre les deux disques du cylindre (disques en bois, l'un plein (coté extérieur), l'autre ajouré de 4 trous (coté cage)), ce qui permet à l'animal de passer du coté "détente cylindre" au coté "habitat". L'axe du cylindre reposait sur un pallier fixé sur un montant vertical à l' extrémité de la cage.

Je n'ai pas retrouvé le pallier coté cage, mais il est certain qu'il existait. Sur les parois verticales entre lesquelles est situé le cylindres on observe des traces d'usures qui attestent que le cylindre tournait.

(Extrait de la réponse transmise par M. Thomas aux Archives de Vendée)

Le 06/11/2013 à 11h32, Marie-Noëlle Maisonneuve a écrit :

On trouve des descriptions précises de "cages à écureuil" dans des ouvrages du 18e et 19e siècles ; peut-être cela peut-il vous aider :
cf par exemple :
http://books.google.fr/books?id=ooYPAAAAQAAJ&dq=%22cage%20%C3%A0%20%C3%A9cureuil%22&hl=fr&pg=PA314#v=onepage&q=%22cage%20%C3%A0%20%C3%A9cureuil%22&f=false

et
http://books.google.fr/books?id=vxnDWeEO5rQC&dq=%22cage%20%C3%A0%20%C3%A9cureuil%22&hl=fr&pg=PA228#v=onepage&q=%22cage%20%C3%A0%20%C3%A9cureuil%22&f=false

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