L@boratoire des internautes

Des réfugiés et déportés de la Guerre de Vendée dans la Sarthe

Une internaute a signalé avoir trouvé dans les archives municipales de Mayet (Sarthe) une liste d’insurgés et de réfugiés de la Vendée résidant dans la commune à partir de floréal an II (mai 1794) et jusqu’en vendémiaire an V (septembre 1796) au moins. 

Consulter la liste des réfugiés et insurgés de la Vendée résidant à Mayet (72)
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Neuf personnes sont listées, ce sont principalement des adolescents et des enfants. Le tableau ci-dessous récapitule les informations données par cet état. Qui sont-ils ? Comment et pourquoi sont-ils arrivés à Mayet ? 

S’il s’agit d’insurgés vendéens, pourquoi ont-ils été écartés du théâtre de la guerre à une époque où des milliers de personnes ont été massacrées ou emprisonnées ? 

   

Identité Qualificatif Age en prairial an II Commune d’origine Placement chez… Observations
Renée, veuve de Julien Bergerau Réfugiée de la Vendée 41 ans      
           
Renée Bergerau (fille de la précédente) Réfugiée de la Vendée 17 ans      
           
Julien Bergerau (frère de la précédente) Réfugié de la Vendée 15 ans      
Jean Bersant Enfant de rebelle de la Vendée 15 ans Commune des Hernais, district de Riez Etienne Edeline fils  
           
Luis Auguste Cailleton Enfant rebelle 10 ans et demi Châtillon (Deux-Sèvres ?) Julien Mercier 

Garçon ou fille ? ; 

semble avoir été pris en charge à l’hôpital du Mans 

           
Jacques Cossard Enfant de rebelle de la Vendée 14 ans Sainte-Cécile (Vendée) François Edeline  
           
Françoise Couperie Enfant de rebelle de la Vendée 17 ans Vertou (Loire-Atlantique) Etienne Edeline fils  
           
Jeanne Fontenelle Enfant de rebelle de la Vendée 11 ans Mortagne-sur-Sèvre (Vendée) René Garnier  
           
Pierre Retailleau     La Verrie (Vendée) Pierre Edeline  

  
Puisqu’il s’agit principalement de jeunes, qu’est-il arrivé à leurs parents ? Sont-ils morts ou en prison ? 

A Mayet, ces personnes semblent majoritairement avoir été placées dans des fermes pour aider aux travaux agricoles. Un certificat leur est d’ailleurs régulièrement délivré par l’administration locale. La mention la plus récente de cette procédure indique que cela a été fait « pour être payé des trimestres de nivôse, germinal et messidor de l’an 4e ». Une indemnité leur était-elle versée en contrepartie du travail fourni ? Si oui, à combien s’élevait-elle ? 

Seul Jacques Cossard a fait souche dans la commune de Mayet (voir sa notice biographique). Que sont devenus les autres ? 

Connaissez-vous d’autres listes de ce type ? Leur recensement permettrait d’enrichir le guide des sources des combattants de la guerre de Vendée

Merci pour votre aide. 


Date de publication : 23 mars 2017

Auteur du billet : Archives Vendée ;

Liste des commentaires

Le 24/03/2017 à 16h19, Gréau a écrit :

Ce ne sont pas des insurgés Vendéens que la République a indemnisé mais les citoyens qui avaient demandé des enfants des rebelles de la Vendée. Pour Mayet, il s'agit certainement des enfants dont les parents avaient été massacrés au Mans le vendredi 13 décembre 1793. Réf: AN, W22.
Liste de réfugiés: Aux archives municipales de Nantes, cote I2; Aux AD35, L 478; Aux AD53, l 174 à 178, L1060 et L1082, Aux AD61, L 1876 à 1878, L1880. Les réfugiés Vendéens à Angers Revue Historiques de l'Anjou, TVIII, 1913, de F Uzureau.

Le 24/03/2017 à 16h27, Gréau a écrit :

Chaque réfugié ou celui qui l'avait recueilli touchait 25 livres: Réf: archives municipales d'Alençon, 6F5: Il sera payé auxdits réfugiés une somme de vingt cinq livres par chaque individu pour leur tenir de secours provisoires.

Le 24/03/2017 à 16h40, Gréau a écrit :

Rectificatif: la cote aux AD35 est L 475 et non 478. Aux AD53, L 174 à 178.
Pour les cpmbattants des guerres de Vendée, le fonds Dugast-Matifeux à la BM de Nantes conserve quelques listes.
Cordialement.

Le 25/03/2017 à 22h49, Philippe Brier a écrit :

Très intéressant ! Une partie de ma famille descend elle-même d'un jeune orphelin (dont les parents ont été tués au Mans vraisemblablement lors de la Virée de Galerne, fin 1793), Guillaume Knanec, originaire de Plouaret (Côtes-d'Armor). Il fut caché à Sarcé. Ses descendants firent souche en Sarthe. Dont la famille Turquais, dont il me semble que certains membres ont vécu à Mayet.

Le 27/03/2017 à 11h50, Archives £ a écrit :

Merci de ces explications et des références très claires
Il n'en demeure pas moins que le document distingue des insurgés et des réfugiés. Les uns et les autres pouvaient être dans le même état d'abandon.

Auraient-ils procuré les mêmes indemnités aux agriculteurs qui les hébergeaient ?

Comment a-t-on pu mettre ensemble des réfugiés et des insurgés, même s'il ne s'agit que de leurs enfants ?

Le 30/03/2017 à 10h23, Nicolle Piétrin a écrit :

Les personnes "invitées" à rester sur le territoire de Mayet y sont arrivés dans la semaine qui a suivi la bataille du Mans. Jacques Cossard est recueilli par le fermier Edeline qui est allé le chercher à l'hôpital. Rien n'indique dans les délibérations municipales qu'il y a des indemnités de versées ni aux accueillants, ni aux accueillis. Même si les renseignements sont lacunaires dans les archives municipales, je pense que j'aurais fini par trouver certains éléments dans les comptes de la mairie ou au moins une notice s'y référent, mais rien pas un mot ne vient étayer le fait. Sans doute ces indemnités étaient elles versées sans passer par la mairie. Je vais chercher à Mayet pour la famille Turquais car je n'ai rien trouvé sur les Knanec à Sarcé.

Le 03/04/2017 à 18h57, le00h20 a écrit :

Au sujet de Nantes, je renvoie à l'étude parue en 2007, sous l'autorité de Jean Nathiez, et intitulée "Les petits 'Brigands' et les Patriotes Nantais" (91 p.).

On y totalise un millier de d'enfants -dont de jeunes natifs de l'actuelle Vendée-, répartis en deux listes, celle de ceux retirés des prisons nantaises par adoption, et celle plus courte des adolescents réservés pour la marine.

L'enregistrement des enfants distinguait les enfants réfugiés des enfants de "brigands"
L'auteur reproduit in-extenso cet "Annuaire des enfants de 'brigands' placés chez des républicains Nantais", il renvoie également à une liasse cotée L 275 et conservée aux Archives de la Loire-Atlantique.

Le 11/06/2017 à 12h02, le00h20 a écrit :

Aux Archives de Paris, est conservé un "Avis* d'amis en vue de l'adoption de mineur par François Legars, ancien avocat au ci-devant Parlement de Rennes, membre du tribunal de cassation".
Un enfant de 3 ou 4 ans, qu'un commandant du régiment de Salm, avait sauvé des massacres et confié au magistrat alors à Rennes, y passant pour aller combattre vers Granville et devait le reprendre après le combat de Dol.
Le commandant mort depuis lors avait sauvé l'enfant d'une famille réfugiée dans un château de la Vendée qu'il assiégea avec son régiment.

* D10U 1 / 12 - Paris, 29 prairial an 9 - 2 ff°

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