L@boratoire des internautes

La guérison miraculeuse de Philomène Simonneau

Dans le roman « Lourdes » d'Emile Zola, il est question de la guérison d'une jeune vendéenne originaire de Chambretaud, nommée Philomène Simonneau. 

Philomène est atteinte d'une nécrose des os de la jambe droite depuis l’âge de 15 ans, ce qui l'handicape fortement dans sa vie quotidienne. L'abbé Boucher organise un pèlerinage à Lourdes en 1872 et emmène Philomène qui a alors 20 ans. La guérison sera constatée à son retour par le Docteur Henri Moreau des Herbiers. Elle fera l’objet d’un article dans les « Annales de Notre-Dame de Lourdes » en février 1873 [ lire l'article], mais ne sera pas reconnue comme miracle, car la demande de reconnaissance n’a pas été formulée. Philomène décède en 1896 à Mormaison où elle était religieuse. 

Que sait-on de la vie de Philomène qui a été baptisée Marie-Angélique ? Pourquoi ce changement de prénoms ? 

Une chapelle dédiée à Notre-Dame de Lourdes fut érigée en 1876 par les paroissiens de Chambretaud en action de grâce. 

Trouve-t-on des échos de cette histoire dans la presse vendéenne et les bulletins paroissiaux ? Que sait-on sur l'édification de la chapelle ? 


Date de publication : 10 avril 2014

Auteur du billet : Jérôme Moreau

Liste des commentaires

Le 10/04/2014 à 18h21, MARQUET a écrit :

Il faut, je pense, lire "nécrose" et non "névrose".
L'allocution de Mgr l'Evêque de Tarbes le 11/02/1873 à la chapelle de N.D. de Lourdes est en doc.pdf (collections.banq.qc.ca). Elle retrace l'histoire de cette guérison.
Une fiche a été établie sur la chapelle de Chambretaud pour l' inventaire des Sanctuaires de Lourdes. (sanctuaires.coldev.org). Les références : Archives du Diocèse de Luçon "Chroniques paroissiales vol.III p.182-241
Archives départementales de Vendée fiches Delhommeau
"Les grottes de Lourdes en Vendée" par Alain Castaing Le Poiré s/ Vie 1996.

Le 10/04/2014 à 20h49, MARQUET a écrit :

Pourquoi Philomène ? Elle est baptisée Marie Angélique le 29/101852 à Chambretaud (Vue 301/409). Religieuse, elle est enterrée le 21/12/1896 à 44 ans à Mormaison sous le prénom de Marie (vue 100/124). Peut-être les Soeurs de Mormaison ont-elles la réponse ?

Le 11/04/2014 à 16h12, Archives Vendée ; a écrit :

Oups ! Il faut bien lire "nécrose", l'erreur est corrigée. Merci pour votre relecture attentive.

Pour préciser votre première référence, qui est fort précieuse, l’allocution de l'évêque de Tarbes évoquant la guérison de Philomène Simonneau est parue dans "L'Echo du cabinet de lecture paroissial de Montréal", 15 avril 1873, p. 282 et suivantes [en ligne sur : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2271935 (chargement très, très long), et sur : https://archive.org/details/p1lchoducabinetd15mont].

A noter, l’article paru dans les « Annales de Notre-Dame de Lourdes » en février 1873, vient d'être ajouté en lien dans le texte du billet.

Le 12/04/2014 à 02h34, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

La chapelle a été bénie par Mgr Le Coq, évêque de Luçon, le 18 juillet 1876 (" Le patrimoine des communes de Vendée ", ed. Flohic, 2001).

Le 12/04/2014 à 13h54, MARQUET a écrit :

Ce serait bien aussi dans le texte du billet de substituer "paroissiens" ( les fidèles d'une paroisse) à "paroissiaux" ( pluriel de l'adjectif paroissial).

Le 12/04/2014 à 17h28, Archives Vendée £ a écrit :

On ne relit jamais assez... Correction faite.

Le 23/04/2014 à 19h44, D. RONDEAU a écrit :

Juste une idée, sans savoir si elle s'applique à Mlle Simonneau: à cette époque, il était possible de changer de prénom du baptême religieux lors de sa confirmation si celui qui avait été choisi par les parents à la naissance ne plaisait pas à un jeune. Dans les milieux très catholiques, le plus souvent, le confirmand qui changeait de prénom, ou bien qui s'en adjoignait un en plus du (des) précédent(s) voulait témoigner de sa dévotion plus particulière envers un(e) saint(e). A titre d'exemple, le futur curé d'Ars, qui rendit ensuite célèbre le culte à sainte Philomène au XIXe siècle, avait choisi "Baptiste" comme prénom de confirmation.

Le 26/04/2014 à 16h23, MARQUET a écrit :

Vous basez-vous sur le ouï-dire, ou sur des textes précis ?
Si le changement de prénom est avéré pour les Papes, lorsqu'ils prennent leurs charges et ministères, et pour les religieux et les moniales en entrant dans les ordres, car il s'agissait alors d'un changement de vie total, le changement de prénom des confirmands semblent plutôt être le fait de coutumes locales.
Marie Simmoneau, selon les textes de l'époque (valables jusqu'en 1920) a dû être confirmée entre 7 et 10 ans, au gré d'une visite pastorale de l'Evêque. L'esprit missionnaire de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi fondée par Pauline Jaricot une fidèle de Philomène de Mugnano (au point qu'elle avait ajouté Philomène à ses propres prénoms) avait dû arriver jusqu'à Chambretaud. Peut-être mème Marie avait-elle entendu parler de la guérison miraculeuse de Pauline sur la tombe de Philomène. Mais le rituel de la confirmation qui prévalait dans ces années ne mentionne pas le changement de prénom. Et pour l'état civil elle est restée "Marie" ( acte de décès).
Je connais deux actes qui mentionnent un changement de prénom par
l' Evêque :
A Val d'Izé en Ille et Vilaine. Deux enfants nés en 1656 et 1660 dans la mème famille, portent le mème prénom (Jean), et sont tous les deux vivants. Les parents demandent à l'Evêque lors de sa visite paroissiale le changement du prénom d'un des deux, et l'Evêque "conférant la confirmation lui a changé son prénom de Jean en celui de Charles" (BMS 1669 -24/9/1669 - vue 54/69 )
L'autre à St Cast dans les Côtes d'Armor. Lancelot ROUILLE et Estiennette BUREL se sont mariés à St GERMAIN sur MER le 15/2/1629 (BMS 1622-1669 vue 137/325). L'acte est mentionné dans les registres paroissiaux de St CAST où on lit en marge que Lancelot ROUILLE mary de ladite BUREL a été nommé Jacques au St Sacrement de confirmation le 22 septembre 1629 ( BMS 1608-1675, vue 197/302). Mais on est au XVII ème siècle, et les règles ne sont pas les mèmes qu'au XIX ème.
Des textes de la deuxième moitié du XIX ème seraient les bienvenus pour essayer de comprendre.

Le 02/06/2014 à 18h00, MOREAU a écrit :

La réponse à la question de la différence de prénom a été résolue par Jean VINCENT de l'Association Heritage des Herbiers.
L'acte de déclaration de naissance à la mairie le 29 octobre 1852 avec les prénoms de Marie Angélique.
Le même jour, baptême à l'église catholique par le vicaire sous les prénoms de Philomène Marie Angélique.
CQFD !

Le 02/06/2014 à 18h42, Archives Vendée £ a écrit :

Félicitations ! Il fallait y penser, mais c'est finalement un grand classique. L'usage, au XIX siècle, est de multiplier les prénoms à la naissance, même dans les milieux populaires. Personne ne prête cas à leur ordre à l’état civil, et il est bien fréquent que le prénom usuel ne soit pas le premier. Pire, on peut, comme ici, ne pas l'avoir déclaré à l'état civil. A l'église, par contre, il semble être toujours le premier et parfois le seul. C'est le nom de baptême, et on conçoit qu'il revête une autre importance.
Il aurait fallu être plus rigoureux dans la rédaction du billet : cette Philomène n'a pas été baptisée Marie-Angélique, mais bien Philomène. Rien d’étonnant donc que Zola l’appelle ainsi.

Le 24/06/2014 à 11h45, le00h20 a écrit :

Au sujet de la chapelle, "monument de reconnaissance pour une grâce signalée obtenue par la Vierge de Lourdes"; un compte-rendu de la bénédiction épiscopale figure dans la "Semaine catholique du diocèse de Luçon" (1ère année, n°4, Dimanche 6 août 1876, pages 54 à 58), mais sans aucune mention de la guérison miraculeuse de Philomène Simonneau.
Une notice consacrée au monument, dont la liste des souscripteurs pour son érection figure aux archives de la paroisse, a été insérée en p. 4 de "Chambretaud, croix, arceaux, chapelles", Les Herbiers, 1993.

Le 19/02/2015 à 21h06, le00h20 a écrit :

A l'issue de son journal du pèlerinage de septembre 1872, l'abbé L. Grolleau, originaire de Saint-Malo-du-Bois, signala plusieurs cas de guérisons fournissant quelques certificats médicaux.
Si Philomène Simonneau est absente de ce récit (La Vendée à Lourdes, Cholet 1872, pp.29-48), l'auteur cite toutefois les cas de Prudence Merlet, des Epesses, du curé de Tiffauges, de Marie Charbonneau, des Herbiers, et de deux religieuses de la congrégation de Mormaison, sœur Marie-Pascal, et sœur Marie-Germaine.

Le 19/02/2015 à 21h18, le00h20 a écrit :

Les de Suyrot furent les premiers en Vendée à faire aménager sur leurs terrains des répliques du rocher de Massabielle. Dès la fin 1872 à La Brelouze, à Saint-Michel-le-Cloucq, au Meslay, de La Guyonnière l'année suivante, et à La Gastière de Chambretaud, où la grotte a été consacrée le même jour de 1876 que cette chapelle Notre-Dames de Lourdes.

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