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Charles-François de Chouppes, chef vendéen

J.-P. Logeais s’interroge sur la date et le lieu de décès de CHOUPPES, l’un des chefs vendéens de la région de La Roche-sur-Yon. 

  

Voilà ce que dit Chassin dans La préparation de la guerre de Vendée, 1789-1793 (P. Dupont impr., Paris, 1892) tome III, p. 415-416 (note 3) à propos de CHOUPPES : 

  

"DE CHOUPPES, dit M. Dugast-Matifeux (État du Poitou sous Louis XIV, p. 120), était le dernier descendant d'une famille Aymar de Chouppes qui avait fourni des gouverneurs à Loudun, à Parthenay et à Belle-Isle. "Dans sa jeunesse, il avait mérité par ses débordements que sa famille sollicitât contre lui l'expédition d'une lettre de cachet, en vertu de laquelle il fut arrêté, en 1777, à Fontenay-le-Comte, et conduit au Mont-Saint-Michel d'où il parvint à s'échapper l'année suivante. Chouppes ne fut pas corrigé par cette répression incomplète. Il existe, dans une odieuse affaire de séduction, deux pièces imprimées, qui le couvrent de honte et attestent qu'il reprit bientôt son premier genre de vie." Ces pièces datent de 1785 et sont : un plaidoyer de Duveyrier et un mémoire d'Élie de Beaumont contre Tinguy de Nesmy et Chouppes, pour Gaborin de Puymain, tuteur de Fortunée Sallo, fille mineure du seigneur de Sallo, marquis de Chateaubriant, et de Marie Tinguy de Nesmy, son épouse. 

D'après M. C. de la Chanonie, Chouppes, très malade, en sa terre du Plessis (1), au milieu de l'année 1793, laissa toute la charge du commandement à La Roche-sur-Yon à Bulkeley, et mourut à la fin de 1793 ou au commencement de 1794, on ne sait où.  

D'après M. A. Bitton, il fut pris et fusillé."  

  

Sauriez-vous nous aider à préciser où et quand est décédé Charles François Marie de CHOUPPES ? 

  

D'après les premières investigations menées par M. Logeais ( Le Tablier, Vendée, histoire et généalogie, billets des 9 et 22 janvier 2010), il semble qu’il y ait dans cet extrait une confusion entre le chef vendéen et son frère.  

  

En effet, les travaux non publiés de Melle Pelletreau sur la commune du Tablier mentionnent un Jean RETAIL, né au Tablier, le 16 janvier 1778, de Louise RETAIL et de père inconnu. Sa mère a cependant comparu au greffe des châtellenies de la Gerbaudière et du Tablier, le 16 octobre 1777, pour déclarer devant Philippe PAYNEAU qu'elle était enceinte de cinq mois et demi de Monsieur de CHOUPPE. Elle le confirmera le 11 fructidor an VI - ce qu'atteste alors PAYNEAU - en précisant "que c'est le même CHOUPPE qui quelques temps après a épousé la citoyenne TINGUY, veuve SALLO". 

  

Or, il ne peut s’agir du chef vendéen, Charles François Marie de CHOUPPES (1770-1793/1794) est bien jeune à l’époque ! 

  

C’est son frère, Jean René comte de CHOUPPES, dit le Chevalier de CHOUPPES, [né à Pressigny (Deux-Sèvres) le 21/6/1756 (2)] qui s'échappe en 1778 du Mont-Saint-Michel où il a été enfermé un an auparavant en vertu d'une lettre de cachet. Après une cavale rocambolesque, il se marie à Arlingen, près d'Offenburg, en Allemagne, le 11 avril 1779, avec Marie Anne Elisabeth de TINGUY de NESMY (alors âgée de 19 ans et demi, veuve d'Henri Charles de SALO, alias SALLO, marquis de Châteaubriant, décédé à 53 ans, à La Ferrière - Vendée - le 4 mai 1778 et qu'elle avait épousé le 21 janvier 1777 à Nesmy). Leur mariage ayant été déclaré nul et abusif par un arrêt du 6 avril 1781, ils se remarient le 22 février 1788, à Pressigny (3). Officier au régiment de dragons de Monsieur, il émigre à l'armée de Condé. Il semble que ce soit lui qui décède, de maladie, à Arlesheim, en Suisse, en 1792. 

  

Disposeriez-vous d'éléments biographiques sur Charles-François de CHOUPPES ? 

  

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1 Le Plessis-Bergeret, commune de La Ferrière 

2 Archives départementales des Deux-Sèvres, Pressigny, BMS 1753-1762, vue 15 

3 Archives départementales des Deux-Sèvres, Pressigny, BMS 1783-1792, vue 30 


Date de publication : 20 août 2011

Auteur du billet : J.-P. Logeais

Liste des commentaires

Le 27/08/2011 à 02h39, jcd085 a écrit :

C.Moreau dans un commentaire qui prolonge les mémoires du Marquis Aymar De Chouppes croit savoir que Charles-François, le descendant de ce dernier, a été tué en décembre 1793.
Pierre-Amédée Pichot, transcripteur des mémoires de Toussaint-Ambroise de la Cartrie, le voit tué "au début de l'insurrection, probablement au commencement de 1794". (Un Vendéen sous la Terreur, page 163).
A suivre...

Le 31/08/2011 à 17h11, Anonyme a écrit :

Les procès-verbaux du Directoire, tome IX mentionnent, p. 60 : "Charles-Marie de Chouppes, officier au régiment de Monsieur mort en 1792 à Arlesheim (Suisse), inscrit dans les Deux-Sèvres, radiation demandée par son père Jean-Charles-René de Chouppes du Porteau, de Poitiers"; son inscription sur la liste des émigrés est maintenue malgré tout. Source : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/sm/PV9.pdf
Par ailleurs, il a fait l'objet de questions/réponses dans l'Intermédiaire des Chercheurs et curieux n° 140 et 162.
Son frère, toujours d'après les procès-verbaux, serait mort à Château-Gontier. C'est sans doute lui qui est l'un des signataires de ce billet http://www.archinoe.net/cg85v4/visu_affiche.php?PHPSID=543d2b6cf3deeb95dbdea4156104c4cf&param=visu&page=1

Le 10/09/2011 à 14h05, Pierre Gréau a écrit :

Le chef vendéen est Jean René de Chouppes, né à Pressigny (DS) en 1756. Il épouse Marie Anne Elisabeth de Tinguy de Nesmy à Pressigny en 1788. En 1793, il habitait le Plessis Bergeret à la Ferrière selon la dénonciation d'Hillairiteau (BM de Nantes, fonds Dugast-Matifeux, volume 27).

Selon les notes de La Fontenelle de Vaudoré recueillies auprès de Danyaud Dupérat, il est mort pendant la Virée de Galerne. (Réf. Revue Olonna, N°96, article de Henri Houlier de Villedieu.)

Son frère, Charles François Marie, né en 1770, émigra en 1791, fit campagne dans l'armée des Princes et mourut de maladie près de Coblentz en 1792. (Réf: SHD, fonds Pinasseau, 1K45-16.)

Le 30/11/2011 à 22h06, Luc Bonnet de La Borderie a écrit :

Charles-François-Marie de Chouppes est né et a été baptisé à Pressigny (Deux-Sèvres) le 14 août 1770; il était fils de Jean-René de Chouppes, chevalier de Saint-Louis, maître de camp de cavalerie et de Anne-Henriette de Laplace.
(Réf) Etat-civil Pressigny-1770

Le 13/05/2012 à 11h16, Philyppe Jaunet a écrit :

Comparaissant le 18 thermidor an IV devant Jean Chabot, notaire à Venansault, René Pelletier, chirurgien juré en cette commune, attestait "quapres que les Vendens eurent passé la Loire le dix neuf octobre mil sept cent quatre vingt treze (vieux stil), il fut apellé en sa qualitée d'officier de santé pres du citoyen Jean René de Chouppes, proprietaire, demurant cy devant au Plessy Bergeret, commune de La Ferriere, quil traitta pendant quelques tems ledit de Chouppes, mais que les prograis de la malladie furent tel quil mourut dans la presance du comparant a Chateau Gontier, departement de la Mayenne, environ un mois apres le passage de la Loire cy dessus referré, nayant pas autrement remarqué la datte" et "quil netoit tenu aucuns registres parmis les Vendéens des deceds quy arivoient dans leurs trouppes". L'orthographe est celle de l'acte.

Le 14/05/2012 à 18h03, Archives Vendée £ a écrit :

Félicitations à Philippe Jaunet !

La date du décès de De Chouppes risquait fort de demeurer longtemps énigmatique. On pouvait espérer la trouver un jour, mais il fallait un peu de chance car rien ne garantissait qu'on ait jamais eu à préciser cette information quelque part. C'aurait pu être un acte de notoriété délivré à la suite d'une enquête par la justice de paix. Ce fut en fait une déposition devant notaire.

Le 31/05/2012 à 08h01, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
L'acte d'inhumation, le 17 mai 1792, à Arlesheim ( paroisse catholique d'Arlesheim , 1792 - E 9.2, volume 15, sans indication de page), est celui de " eques de CHOUPPE, ex Le Portaux, prope Ervaux, in provincia gallica pictaviensi, Locumtenens in Legione equestri ... " âgé de 23 ans, donc né vers 1769.
Il ne peut donc s'agir que du décès de Charles François Marie de CHOUPPES, né le 14 avril 1770 à Pressigny, son frère, Jean René de CHOUPPES, le chef vendéen, étant né le 21 juin 1756.
Cordialement

Le 26/07/2012 à 14h03, philyppe jaunet a écrit :

Comparaissant devant Jean-Baptiste-Joseph Pechard, notaire à La Chaize-le-Vicomte, les 27 ventôse et 5 germinal an V, plusieurs témoins, parmi lesquels figure Jacques Doussin de Voyer, alors prêtre à Thorigny, confirmaient les précisions relatives à la mort de Jean-René de Chouppes qu'avait apportées le chirurgien René Pelletier. Ils ajoutaient que sa veuve Marie-Anne-Elisabeth de Tinguy, fort éplorée de la perte de son époux et désespérée de son propre sort, parvint après maints événements à s'échapper de la tourmente en se retirant entre Saint-Malo et Cancale et à s'embarquer avec le citoyen Solérac et la citoyenne de Vaugiraud, qu'elle se trouvait depuis à Jersey.
Le 15 germinal de la même année, neuf témoins attestaient devant le même tabellion des circonstances qui avaient amené le dit sieur de Chouppes à prendre les armes contre la République, soulignant qu'il avait fini après bien des préventions à céder aux pressantes injonctions des insurgés, que depuis qu'il avait pris leur commandement à La Roche-sur-Yon les patriotes prisonniers furent traités avec beaucoup d'humanité, qu'il offrit sa vie pour sauver la leur et tenta de convaincre les rebelles que leurs entreprises conduisaient à leur ruine, ce qui suscita de la part des autres chefs de vifs reproches d'intelligence avec l'ennemi. Ils ajoutaient que l'intention du dit sieur de Chouppes était de se retirer chez son père avec son épouse à Poitiers pour y vivre tranquille, mais qu'ils furent contraints par les insurgés de les suivre dans le passage de la Loire, etc... Cet acte fourmille de détails intéressants. Nous ignorons les motifs de ces trois attestations successives.
Numérisées dans quelques mois, ces minutes seront signalées parmi les actes remarquables.

Le 19/01/2013 à 18h03, Archives Vendée £ a écrit :

L'acte de notoriété du décès du chef vendéen De Chouppes, ainsi qu'une des dépositions relatives au caractère forcé de son engagement dans l'Armée des rebelles, seront publiés dans les prochains jours (suivre : Consulter / Inventaires / Album paléographique).

Qu'on ait eu besoin de la notoriété du décès pour régler une succession, deux ans et demi après la mort de De Chouppes, se conçoit facilemnet. Mais pourquoi, se demandait déjà plus haut Ph. Jaunet, ces attestations de la réserve supposée de ce chef vendéen ? A quoi pouvaient bien servir ces témoignages recueillis devant notaire ?

Le 05/12/2013 à 01h11, le00h20 a écrit :

Parmi les nombreuses pièces fournies par leur père, Jean-Charles René de Chouppes du Porteau, réclamant que son nom et celui de ses deux fils soient radiés de la liste des émigrés; on peut lire les extraits des registres des délibérations du Directoire exécutif.
Du 10 prairial an 7, pour le cadet, Charles Marie, un extrait mortuaire délivré le 9 frimaire an 5 par le curé de la paroisse d'Arlesheim, canton de Reinach, département du Mont-Terrible.
Puis du 23 prairial an 7 et signé par son président, Merlin, pour Jean-René :
un arrêté de l'administration centrale du département des Deux-Sèvres du 23 messidor an 6
un certificat de résidence délivré le 10 vendémiaire an 5 par l'administration municipale de La Chaize
trois actes de notoriété des 2 germinal, 18 thermidor et 28 fructidor an 4
un certificat des patriotes réfugiés ci-devant habitants de La Roche-sur-Yon du 1er germinal an 4

En dépit des pièces fournies ils furent maintenus, il fallut attendre le 1er frimaire an 10, pour voir les trois noms de Chouppes définitivement rayés cf. art. 2 de la délibération du 27 brumaire an 10 signée par le 1er Consul.

Le 06/12/2013 à 23h12, Archives £ a écrit :

On approche de la fin de l'énigme pour le chef De Chouppes. Voici encore des éléments méconnus, tirés des Archives nationales par 00H20 !

Le cas de son frère fait déjà l'objet depuis quelques jours d'une notice dans le Dictionnaire biographique, signée de Phylippe Jaunet :
http://vendeens-archives.vendee.fr/personnalite-chouppes-charles-francois-marie-de-9670?

Le 08/12/2013 à 01h44, le00h20 a écrit :

Le dossier présenté succinctement le 5 courant est coté F/7/5870 et conservé aux Archives nationales.
Il demeure en l'état essentiel de compulser, dans cette même sous-série au patronyme Chouppes, les certificats d'amnistie, souvent riches d'enseignements, sans omettre les dossiers à ce nom d'émigrés avec les administrations départementales de la Vienne, de la Vendée et des Deux-Sèvres.

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