L@boratoire des internautes

Pourra-t-on connaître les vingt premières années de Pierre Godard, notable du Premier Empire ?

Qui peut donner des indices sur le passé de Pierre Godard ? 

  

Un très beau fonds d'archives personnelles coté 1 Num 24 et mis en ligne permet de pénétrer dans le milieu républicain vendéen du Directoire, et de mesurer son acclimatation à l'Empire. Pierre Godard, officier du Génie, prend sa retraite en 1812 avec le grade de colonel et le titre de baron d'Empire, au moment où l'Armée l'invite à faire campagne en Espagne. À vrai dire, il a déjà 58 ans et n'aspire qu'au repos auprès de ses deux filles qu'il élève seul, dans le superbe château de L'Hermenault dont il a fait l'acquisition en 1808. Son grand chagrin est la perte de sa femme, Joséphine Garos, en 1805. Très attaché à elle, comme le montrent les lettres qu'il lui a envoyées au cours de sa campagne d'Italie (cotées 1 Num 24/29), il aurait pu être son père puisqu'ils avaient 21 ans d'écart. Il avait fait sa connaissance à Paris, dix ans plus tôt. Le futur beau-père était député de la Vendée à la Convention, comme il le sera bientôt aux Cinq-Cents. Lui-même fréquentait des ministres et il cacha même quelques heures le grand Carnot, en 1797, le temps de préparer sa fuite au moment du coup d'État de fructidor. 

  

Godard, que sa femme appelait « mon Breuze », et qui prit parfois le nom de Godard des Breuzes, n'a pas fait de carrière exceptionnelle, mais il a constamment joui de protections au ministère de la Guerre, le général Marescot veillant particulièrement à ce qu'il ait le service le plus sédentaire possible et le plus près de chez lui. Qu'est-ce qui justifiait de tels égards ?  

  

Plus étrange, le hasard (ou la prudence ?) ont nettoyé toute trace du passé de Godard. Tout au plus sait-on qu'il s'engage dans l'Armée en 1792, qu'il était auparavant ingénieur-géographe en Dauphiné, où il est né, à Grenoble, le 28 décembre 1754. Ses parents s'appelaient Étienne et Marie-Anne Roblin, d'après son acte de décès. Où vivait-il et que faisait-il jusqu'à l'âge de 36 ans ? 


Date de publication : 18 juin 2011

Auteur du billet : Archives de la Vendée

Liste des commentaires

Le 30/06/2011 à 10h19, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Une copie de l'acte de baptême de Pierre GODARD, extrait des registres de la paroisse St Hugues de la ville de Grenoble, figure dans son dossier de Légion d'Honneur (Base Léonore, dossier LH/1158/49, pièce 14).
On y apprend ainsi que son père - absent -, Etienne GODARD, époux de Marie Anne ROBELIN, était " entrepreneur des ouvrages du Roy ". Parrain : Pierre JOCTEAU, ingénieur des Ponts et Chaussées. Marraine : Dlle Charlotte Ménine PICARD, veuve d'Etienne ROBELIN. Signèrent l'acte : JOCTEAU, GRAS de LARGENTIERE, J. MARTIN, Elisabeth MARTIN, MONNIER et PONCHOT, curé de St Hugues.
Les pièces 7,8 et 10 du même dossier précisent qu'avant de passer dans le Corps du Génie Militaire le 20.7.1792, il était ingénieur-géographe dans celui du Génie Civil depuis le 1.1.1769.
N'aurait-il pas fait alors la connaissance d'Armand Samuel de MARESCOT (né à Tours le 1er mars 1758, mort le 5 novembre 1832 au château de Chaslay, près de Montoire - Loir-et-Cher - ), général français du génie ?
Cordialement.

Le 04/07/2011 à 07h06, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,

Effectivement, je suis passé par Google-livres pour trouver la petite référence peu lisible puis je me suis rendu sur le site " Internet Archive " (www.archive.org) qui donne accès intégralement à de très nombreux inventaires sommaires d'archives par le lien suivant :
http://www.archive.org/search.php?query=Inventaire%20sommaire%20des%20Archives%20d%C3%A9partementales%20ant%C3%A9rieures%20%C3%A0%201790%20AND%20mediatype%3Atexts .
Cordialement.

Le 04/07/2011 à 10h10, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Une nouvelle référence relative à notre GODARD, extraite de l'Inventaire sommaire des archives des Hautes-Alpes, 1891, tome 2,page 18, série G (archevêché d'Embrun), cote G 28 :
Plan géométrique de « la rive gauche de la Durance entre les torrents de Rabioux et Bellaffaire, levé en mai 1785, par nous, géographe des ponts et chaussées, au requis de Mgr l'archevêque et prince d'Embrun, GODARD DES BREUSSE ».
Cordialement.

Le 01/08/2011 à 01h19, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Trouvée dans l'Inventaire sommaire des archives départementales - antérieures à 1790 - des Hautes Alpes " (1887), une référence qui concerne sans doute le Pierre GODARD qui nous intéresse :
Page 61, série B, baillage de Gap, liasse B 114, 1786-1788, lettres de ratification des acquisitions faites par : ... - Pierre GODARD de Bresse, " géographe des Ponts et Chaussées du Dauphiné, résident à Gap " 18 décembre 1787.
Cordialement.

Le 02/08/2011 à 15h28, Donat a écrit :

Pierre Godard, comme l'indique son dossier de la Légion d'Honneur, a été ingénieur géographe dans le Génie civil, soit les Ponts et Chaussées. Son fonds d'archives l'indique aussi, mais on n'en sait pas plus. La référence à des acquisitions à Gap commence à ouvrir une nouvelle piste sur les années de jeunesse du futur Vendéen.

Grand merci à Jean-Pierre Logeais de l'avoir indiqué. Sans doute l'a-t-il trouvé sur Google-livres ? Les Archives départementales des Hautes Alpes ne semblent pas avoir publié elles-même en ligne du fonds l'inventaire du bailliage de Gap. Quant à Google, je m'étonne de voir comme les citations paraissent troubles et en tout cas si parcimonieuses. Notre grand ami ne commencrait-il pas à réduire sa générosité ?

Le mystère de la vie de Godard n'a d'intérêt que parce qu'il est lié au sauvetage de Carnot. Les souvenirs sur la vie de Carnot, publiés par son fils, signalent que les frères Godard l'ont caché le temps qu'il arrive à s'enfuir de Paris, lors du coup d'Etat qui mit fin à sa fonction de Directeur, sous le Directoire. Mais si le fonds d'archives de Pierre Godard permet de faire un lien explicite avec Carnot, on ne dispose rien sur son frère, qui devait mener une vie assez "brillante" à Paris. Avec un nom aussi courant, il n'est pas facile de l'identifier.

Le 10/09/2011 à 14h12, Pierre Gréau a écrit :

Pierre Godard est né à Grenoble le 28 décembre 1754. De janvier 1769 à juillet 1792, il était ingénieur géographe dans le génie civil, ponts et chaussées. Le 20 juillet 1792, il est nommé adjoint aux officiers du génie militaire dans l'armée des Alpes (maréchal Kellerman). Le 25 frimaire an 2, il est capitaine dans l'armée de Sambre et Meuse et participe au siège de Mäestricht (maréchal Jourdan). Le 29 pluviôse an 4, il est chef de bataillon dans l'armée des Pyrénées occidentales (maréchal Moncey). Il est sous directeur provisoire le 3 frimaire an 10 en Italie (Murat). Il est sous directeur titulaire le 20 frimaire an 11 (maréchal Moncey). Il est à l'armée d'Espagne en 1808- 1809, commandant le génie au 5° corps d'armée, puis sous chef d'état-major à Madrid. Il rentre en France pour cause de maladie, et est employé comme sous-directeur à la Rochelle jusqu'à sa retraite.

Il est nommé major par ancienneté le 1° août 1811. En 1814, il est employé deux moi à l'île de Ré.
(Réf: son dossier de la légion d'honneur sur la base Leonore des AN.)

A noter qu'il ne figure pas dans le dictionnaire des Colonels de Napoléon de Danielle et Bernard Quintin. A mon avis il doit avoir un dossier de pension en 2YF ou 3YF au service historique de l'Armée de Terre (à Vincennes).

Le 14/11/2013 à 21h16, Denis VATINEL a écrit :

Godard ne figurerait-il pas dans le Dictionnaire des Ingénieurs militaires d'Anne Blanchard publié vers 1980 dont je ne dispose pas ?
S'il est né à Grenoble je parierais volontiers que son père était d'origine normande mais cela est une autre histoire
Il est l'auteur d'une carte conservé aux Archives du Tarn en tout cas selon leur site internet

Le 16/11/2013 à 18h08, le00h20 a écrit :

Aucune mention de Godard dans l'étude d'Anne Blanchard du corps des fortifications parue en 1979 à Montpellier sous le titre "Les ingénieurs du roy de Louis XIV à Louis XVI"

Déposer un commentaire