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Retrouver des Vendéens qui ont participé au corps expéditionnaire en Chine (1900-1901)

Qui aurait un ancêtre ayant participé au Corps expéditionnaire en Chine en 1900 et détiendrait des témoignages sur cette expédition ? 

Célestin Guilbaud, né en 1878 à La Ferrière, mon grand-père, en a fait partie comme l'indique sa fiche matricule militaire (recrutement de La Roche-sur-Yon, classe 1898, n° 1320, 1 R 543). Incorporé le 24 novembre 1899, il est d'abord affecté en Algérie au 1er régiment de zouaves. Il passe ensuite, le 19 août 1900, au régiment de marche des zouaves spécialement constitué pour être intégré au corps expéditionnaire international en Chine. Il embarque à Alger à bord du Calédonien et restera en Chine, plus d'une année, jusqu'au 12 septembre 1901. 

  

Dans quel contexte un corps expéditionnaire international est-il organisé ? C'est la révolte des Boxers qui amène les occidentaux à réagir. Société secrète chinoise fondée vers 1770, les Boxers sont à la fin du XIXe siècle à la pointe du combat contre l'influence occidentale en Chine et l'impératrice les accueille favorablement afin de les utiliser contre les étrangers. En juin 1900, les Boxers massacrent des missions étrangères à Pékin et assiègent les légations étrangères. Un corps expéditionnaire est alors constitué ; il est composé de Français, d'Anglais, d'Allemands, d'Italiens, d'Autrichiens, de Russes, d'Américains et de Japonais et est placé sous le commandement du général allemand von Waldersee. Après la prise de T'ien-tsin (Tianjin) le 14 juillet 1900, les troupes alliées entrent dans Pékin, délivrent les légations et mettent en fuite l'impératrice et sa cour. Par le traité du 17 septembre 1901, le gouvernement chinois dut payer aux puissances étrangères une très forte indemnité. 

  

Le Service historique de la Défense à Vincennes conserve des archives sur les régiments qui ont participé à cette expédition. Leur consultation a permis d'identifier dans quel bataillon Célestin Guilbaud avait été affecté, il s'agit du 1er bataillon stationné à Shan Haï Kuan, à l'extrémité est de la Grande Muraille. 

Célestin Guilbaud n'a sans doute pas été le seul Vendéen de sa classe d'âge à avoir été entraîné dans cette expédition. 

En connaissez-vous d'autres ? 

Et conservez-vous des documents personnels (écrits, photos...) qui témoigneraient de cette histoire ?    

  


Date de publication : 27 septembre 2016

Auteur du billet : Chantal Guilbaud

Liste des commentaires

Le 29/09/2016 à 16h09, Joseph GRIS a écrit :

Mon grand-père, Joseph (Célestin) Gris a fait partie du corps expéditionnaire international en Chine, lors de la guerre des Boxers. Il était né à Chauché et faisait son service militaire à Poitiers dans l'artillerie en 1900. Or le 20e régiment d'artillerie de Poitiers avait été désigné pour faire partie de cette expédition. Car le régiment expérimentait depuis peu le fameux canon de 75 mm (modèle 1898) qui n'avait alors jamais connu un théâtre de guerre.
Je ne dispose pas de documents qui lui seraient personnels sauf bien sûr sa feuille matricule sur laquelle cette campagne est indiquée. Cependant mon grand père, décédé en 1955, racontait volontiers à sa famille son expédition.
Avec les bribes récoltées et beaucoup de recherches j'ai reconstitué ce qui pouvait avoir été son voyage et son séjour que j'ai relatés dans un livre diffusé uniquement à ses petits-enfants.

Le 01/10/2016 à 15h08, Guilbaud Chantal a écrit :

Merci pour votre réponse.
Je n'ai pu, comme vous, entendre mon grand-père parler de son expédition en Chine car j'étais trop jeune lorsqu'il était encore en mesure de la raconter. Je ne dispose donc que de "bribes" transmises par la famille et de ses papiers militaires.
J'ai tenté de reconstituer son parcours en allant au SHD de Vincennes qui conserve les archive de l'expédition.
J'y ai retrouvé effectivement trace de l'utilisation du fameux canon de 75mm dans un rapport concernant l'assaut de la pagode de Che Maën, repaire boxer dans une zone montagneuse au sud-ouest de Pékin. Le rapport indique : "Tous (les soldats ) ont brillamment inauguré le 1er jour de l'an 1901" (par cette prise) puis est cité entre autres, "le lieutenant d'artillerie Malandrin qui a eu l'honneur de tirer le 75 pour la première fois et qui par son tir rapide et parfaitement réglé a jeté la démoralisation chez nos fanatiques adversaires..."
J'ai moi aussi tenté de reconstituer ce qu'avait été cette expédition pour mon grand-père, récit à destination de la famille. Je serais prête à ce que nous échangions nos trouvailles.

Le 04/10/2016 à 09h57, Loypeau a écrit :

Bonjour,
Sans doute l'avez-vous déjà lu, mais le rapport de l'expédition est sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64718628/f511.image.r=suez.langFR
D'autre part, cette expédition a fait l'objet d'une décoration spéciale avec barrette. Cette piste de recherche est intéressante : les archives départementales de la Vendée conservent peut-être des documents sur cette décoration attribuée aux vétérans vendéens ? Ou peut-être voir avec le musée de la Légion d'honneur qui traite toutes les décorations et les autorisations de port. Voici quelques pistes.
Loypeau

Le 10/10/2016 à 11h49, Chantal Guilbaud a écrit :

Merci à Loypeau pour l'info concernant le rapport de l'expédition sur Gallica, j' ignorais son existence et vais le consulter.
Quant aux décorations, je ne connaissais que "la médaille de Chine" qui a été décernée à tous les soldats ayant participé à l'expédition ainsi qu'aux civils et combattants qui ont défendu les légations pendant les combats de Pékin.

Le 10/10/2016 à 14h16, Loypeau a écrit :

Je parlais bien de la même médaille. Il existe certainement au musée de la Légion d'honneur, au service historique de la Défense ou dans les fonds militaires départementaux, des listes de soldats ayant reçu cette médaille commémorative. A partir de là, vous pourriez repérer d'autres Vendéens l'ayant reçue. Autrement, il faut repérer les régiments qui ont participé à l'expédition (comme le régiment de Zouaves de marche) et faire un rapprochement avec les listes de contrôles.

Le 20/10/2016 à 17h49, Loypeau a écrit :

Voyez la série xq des archives de La Défense. Elles sont consacrées aux décorés des différentes expéditions entre autres. J y ai vu des choses qui pourraient vous intéresser.

Le 06/11/2016 à 07h46, Astoul Othello a écrit :

Merci pour ce rappel
René Bazin a écrit la biographie de "L'enseigne de vaisseau PAUL HENRY" en 1928, où une bonne partie du livre est consacré à cette campagne. Le drapeau de ces marins bretons et vendéens est déposé au sanctuaire de Sainte Anne d'Auray

Le 08/11/2016 à 18h17, Chantal Guilbaud a écrit :

Merci à Lyopeau et Astoul Othello pour ces nouvelles indications, ces nouvelles pistes de recherche.

Le 06/12/2016 à 23h47, Mille ans à Bouhet a écrit :

Je vous conseille vivement de lire le magnifique ouvrage "Les derniers jours de Pékin" de l'officier de Marine et écrivain Pierre Loti, qui a participé à cette aventure. Vous y apprendrez des choses passionnantes sur cette hallucinante expédition. Réédité par exemple en 1992 dans la collection "Bibliotheca asiatica" aux éditions Kailash.

Le 17/12/2016 à 11h44, Chantal Guilbaud a écrit :

Merci de votre intérêt pour le sujet. Je connais l'ouvrage de Loti qui m'a permis de retrouver des descriptions des lieux où était cantonné mon grand-père, à l'extrémité est de la grande Muraille (sur laquelle il patrouillait) la ville de Shan Haï Kouan et le fort N°3 affecté aux Français. "Les Derniers jours de Pékin" est en effet un témoignage de premier plan sur cette expédition vue par les yeux d'un officier supérieur.
Cordialement

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