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Des travailleurs déjà réquisitionnés en 1941 pour aller travailler en Allemagne

600.000 jeunes Français ont dû partir en Allemagne au titre du travail obligatoire instauré à l'été 1942 pour des catégories professionnelles, puis généralisé en février 1943 aux trois classes d'âge nées en 1920, 1921 et 1922. La contrainte s’imposait à eux comme l'avait été, avant-guerre, le service militaire aboli depuis l'Occupation. Toutefois, pour satisfaire aux exigences allemandes, des travailleurs français étaient déjà partis auparavant, mais en nombre jamais suffisant pour les satisfaire. Ils étaient encore tous volontaires ( consulter un film de propagande - INA), du moins théoriquement puisque Jean Véquaud témoigne avoir été poussé par des militaires allemands à partir à Hambourg en février 1941. 

Connaît-on d’autres exemples aussi précoces de pression au départ en Allemagne ? 

Ouvrier cimentier né à Mouzeuil en 1921, Jean Véquaud avait été embauché avec son père en janvier 1940, par l'entreprise Beauplet à La Rochelle. Le 28 février 1941, deux officiers allemands accompagnés de deux gendarmes français l'ont rejoint à son domicile, à Aisne (Chaillé-les-Marais), pour le contraindre à signer un engagement l'embauchant à la construction d'une plate-forme sous-marine à Hambourg. Les recruteurs seraient aussi allés à la rencontre d’un autre jeune homme de sa localité. 

Son métier de cimentier et son emploi à La Rochelle l'exposaient-ils plus particulièrement ? 

Feignant l'enthousiasme et prétextant d'avoir besoin d'aller chercher ses outils à La Rochelle, il obtint un délai de 48 heures et en profita pour fuir en zone non occupée, après avoir mis son vélo en gage pour en tirer un peu d'argent. Il rejoignit ensuite l'Armée française de libération et participa à la bataille du Mont-Cassin. Il s'interroge sur le choix dont il fit l'objet en février 1941. On sait que dès l'automne 1940, les Allemands avaient raflé des travailleurs dans les départements du Nord, qui subissaient il est vrai une sujétion plus forte qu'ailleurs. 

La forte présence allemande à La Rochelle favorisa-t-elle des recrutements forcés de travailleurs ? 


Date de publication : 29 avril 2015

Auteur du billet : Marie-Claude Bideau

Liste des commentaires

Le 14/05/2015 à 15h19, picoron nadia a écrit :

mon père est parti en novembre 1942 comme STO en Allemagne il était natif de Aisne commune de Chaillé les Marais et travaillait comme maréchal ferrant à Saint Xandre en Charente Maritime il est revenu le 27 mai 1945. Il a travaillé dans une usine à Wesermund.

Le 19/05/2015 à 19h25, Archives Vendée £ a écrit :

Les départs au STO spont très nombreux à partir de 1943. Ils l'étaient déjà en 1942, mais bien souvent sous d'autres formes administratives (par réquisition de corps de métiers et non par classe d'âge). L'originalité du cas présenté tient au fait qu'il s'agit moins d'une réquisition (légale) que d'une très forte pression (avec apparence de volontariat), et ce dès février 1941.

Y a-t-il d'autres exemples semblables ?

Le 26/07/2015 à 21h54, penisson nicolas a écrit :

Mon grand père est parti au STO. Un période dont il n'a jamais parlé. J'aimerais pouvoir reconstituer son parcours durant cette période, mais je n'ai aucune idée des documents à consulter et où les trouver. Si quelqu'un peut me renseigner...

Le 27/07/2015 à 08h52, Archives Vendée ; a écrit :

Les Archives de la Vendée ont mis en ligne sur leur site internet un guide des sources relatives au STO, qui vous permettra d'identifier et de venir consulter en salle de lecture les pièces relatives à votre grand-père s'il était vendéen. A consulter sur : http://archives.vendee.fr/Clefs-pour-la-recherche/Guides-de-recherche/Seconde-Guerre-mondiale/Travailleurs-francais-mobilises-au-service-de-l-Allemagne

Le présent billet porte néanmoins sur les travailleurs réquisitionnés dès 1941 pour aller travailler en Allemagne. Connaît-on d’autres exemples aussi précoces de pression au départ en Allemagne ?

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