L@boratoire des internautes

Un canon pour Le Château-d'Olonne en 1537 !

BILLET CLOS LE 8 OCTOBRE 2012

Les habitants du Château-d'Olonne possédaient un canon en 1537 ! 

Cette découverte soulève de nombreuses questions. Toute personne pouvant en éclairer le contexte permettra de mieux situer l'objet et son histoire. 

1. C'est en mer, au large de la Sicile, qu'a été trouvée cette couleuvrine moyenne, au cours de la fouille de l'épave du Sciacca, un navire armé par des Basques qui a coulé en 1581. Le canon ne devait plus appartenir alors aux habitants du Château-d'Olonne. Aurait-il participé auparavant à l'armement d'un navire ? 

 2. L'inscription du canon est explicite : "Faicte p[ar] les p[ar]rochiens du chasteau d’ollon[e], 1537". Parrochien (pour paroissien) renvoie à la paroisse, c'est-à-dire à la communauté d'habitants et non à une seigneurie. À quel titre la « commune » a-t-elle procédé à cette dépense très inhabituelle ? Est-ce pour armer un navire ? Mais quel genre de navire ? Ou est-ce plus vraisemblablement pour assurer sa propre défense ? 

3. Quels éléments peuvent justifier l'acquisition d'un canon au Château-d'Olonne en 1537 ? 

4. S'il s'agit de la défense du Château-d'Olonne, comment le concevoir ? Elle est une prérogative du seigneur, qui n'a pas intérêt à laisser les armes lui échapper. La dépense suppose du reste des moyens. Y a-t-il eu imposition exceptionnelle, ou bien s'agit-il d'une prise de guerre, ou encore d'un don à la commune ? 

5. Un canon est vulnérable. Son utilisation suppose une redoute, un « boulevard », à tout le moins un obstacle précédé d'un glacis, dont il interdit l'accès. Où l'imaginer au Château-d'Olonne, qui ne paraît pas avoir été une ville close ? 

 6 Le canon aurait-il été fondu sur place, comme on le faisait pour les cloches ? Y aurait-il trace de fourneau, sur place ou dans les textes ? 

 Pour information : la couleuvrine est exposée à Palerme, au siège de la superintendance de la Mer. On peut en savoir plus sur l'épave de Sciacca en consultant le site du Groupe de recherche en archéologie navale Les corsaires basques ont été étudiés par José Maria Imizcoz, « Hacia nuevos horizontes, 1516-1700 », paru dans Historia de Donostia-San Sebastian, 2011, pp. 81-180 (en partie en ligne). 


Date de publication : 01 mars 2011

Auteur du billet : M. GU

Liste des commentaires

Le 19/07/2011 à 10h24, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :


Bonjour,
Je suggère une autre approche de l'inscription.
Au lieu de penser au Château-d'Olonne, ne pourrait-on comprendre qu'il s'agit d'un don des paroissiens d'Olonne pour leur château, devenu celui des Sables d'Olonne après la création,en 1622, de la paroisse des Sables par détachement de celle d'Olonne.
A l'époque de la fonte de ce canon,Olonne était une riche paroisse et avait un château ...
Cordialement.

Le 20/07/2011 à 01h20, Jean-Pierre LOGEAIS a écrit :

Bonjour,
Je reviens sur mon précédent commentaire car il semble qu'il y ait eu au Château-d'Olonne un château-fort démantelé sur ordre de Richelieu et dont il ne resterait plus aucune trace.
Cordialement

Le 20/07/2011 à 12h52, Archives Vendée £ a écrit :

L'expression "parrochiens du chasteau d'Ollone" ne laisse guère de doute sur la localisation au Château d'Olonne. La question demeure entière...

Le 25/08/2011 à 00h53, Anonyme a écrit :

Aurait-on écarté hâtivement le château-fort d'Ollon, en pays Vaudois, comme lieu de provenance de la couleuvrine ?

Le 25/08/2011 à 15h15, Archives Vendée ; a écrit :

Les deux « P barré », utilisés en contraction de la syllabe « par », et le tilde montrent que le graveur était familier des abréviations. Le tilde, surmontant « dollon », lui a probablement servi à remplacer les lettres finales « NE ».

La piste suisse n’en reste pas moins intéressante. Disposeriez-vous d’éléments pour l’étayer ?

Le 25/08/2011 à 16h36, Anonyme a écrit :

En l'état aucunement.

Juste une graphie de prime abord plus rhénane.

Le 16/09/2011 à 17h51, Anonyme a écrit :

Gentili Signori,

Volevo informarvi che, in quanto consulente per l'artiglieria della Soprintendenza del Mare di Palermo, ho visto tra i primi lo stemma con l'iscrizione sulla Couleuvrine Moyenne del relitto di Sciacca appena recuperata dal mare nel settembre 2008; ero stato anche il primo ad interpretarla come proveniente da Chateau- d'Olonne ed avevo subito inviato l'immagine a Max Guérout per avere da lui un aiuto nell'individuare la località dove essa potrebbe essere stata fusa. Le parole "p[ar] les p[ar]rochiens" non significano che il cannone fu prodotto a Chateau-d'Olonne, ma che gli abitanti del luogo finanziarono la sua costruzione, probabilmente per armare una postazione costiera (Sables d'Olonne?) a protezione del territorio contro le incursioni dei corsari baschi.
Volevo anche informarvi che sta per uscire una mia pubblicazione dove parlo della nave e delle artiglierie che la equipaggiavano, compresa questa e un altro pezzo della stessa categoria gettato dal medesimo fonditore. Il titolo dell'articolo è: "L’ultimo viaggio della Parissona Grossa - Storia di un veliero basco-genovese naufragato a Sciacca nel 1581"; in esso spiego anche perché i due cannoni dislocati in Vandea erano arrivati a bordo della San Juan/Parissona Grossa.

Cordialmente

Renato Gianni Ridella

Dott. Renato Gianni Ridella
Archeologo - Esperto di artiglierie storiche
Collaboratore dell’Istituto di Storia dell’Europa Mediterranea
(Consiglio Nazionale delle Ricerche)
Consulente di:
Museo del Mare “Galata” – Genova
Soprintendenza per i Beni Archeologici della Liguria
Soprintendenza del Mare - Palermo
Museo Universitario di Palazzo Poggi – Bologna

Article publié sur http://oua.be/1eqn (07-02-2014) - en italien

Le 19/09/2011 à 19h21, Dott. Renato Gianni Ridella a écrit :

(Traduction du message précédent)
Messieurs,

Je voulais vous informer que, en tant que conseiller pour l’artillerie de la Superintendance de la Mer de Palerme, j’ai été parmi les premiers à voir le blason avec l’inscription sur la couleuvrine moyenne de l’épave de Sciacca, tout juste récupérée de la mer en septembre 2008 ; j’avais également été le premier à l’interpréter comme provenant de Château d’Olonne et j’avais immédiatement envoyé l’image à Max Guérout pour recevoir son aide afin de déterminer la localité où la couleuvrine aurait pu être fondue. Les mots "p[ar] les p[ar]rochiens" ne signifient pas que le canon fut produit au Château d’Olonne mais que les habitants du lieu financèrent sa construction, probablement pour armer un lieu sur la côte (Sables d'Olonne?) permettant la protection du territoire contre les incursions des corsaires basques.
Je voulais également vous informer que paraîtra bientôt l’une de mes publications, dans laquelle je parle du navire et de l’artillerie qui l’équipait, y compris de cette pièce et d’une autre de la même catégorie, coulée par le même créateur. Le titre de l’article est "L’ultimo viaggio della Parissona Grossa - Storia di un veliero basco-genovese naufragato a Sciacca nel 1581" « Le dernier voyage du Parissona Grossa – Histoire d’un voilier basque-génois naufragé à Sciacca en 1581 »; dans cet article, j’explique aussi pourquoi les deux canons disloqués en Vendée étaient arrivés à bord du San Juan/Parissona Grossa.
Article publié sur http://oua.be/1eqn (07-02-2014) - en italien

Le 30/09/2011 à 09h08, Archives Vendée § a écrit :

Merci à vous pour toutes ces précisions.
Vous serait-il possible d'apporter les principales conclusions de votre article ? Il semble que vous ayez des éléments qui feraient bien avancer la connaissance des origines de ce canon.

Le 20/05/2012 à 16h03, Nicolas FAUCHERRE a écrit :

D'après la photo, cette couleuvrine est en bronze ; c'est donc une arme de défense des cotes dont la fonte correspond de toute évidence aux ordonnances de François Ier en 1537 pour structurer le guet de la mer à toutes les paroisses littorales. Pour identifier le calibre et le fondeur, il faudrait se rapprocher de la conservatrice de l'artillerie au musée de l'Armée, Sylvie Leluc, en lui donnant diamètre, longueur et poids du tube, ainsi que des photos des tourillons, de la tulipe (bouche) et du bouton de culasse.
Mais le plus intéressant est la suggestion de vol, de mon point de vue à terre car cela n'est pas une pièce embarquée (qui aurait été en fonte de fer), par des corsaires basques au service de l'Espagne, ou plutôt pirates à leur compte, ce qui correspond à des périodes de razzias intenses sur les côtes de Vendée, signalées pour les îles d'Yeu et Noirmoutiers.

Le 24/06/2012 à 18h31, Renato Gianni Ridella a écrit :

I wanted to inform you that the complete description and pictures of this cannon will soon appear in the site of the GRAN www.archeonavale.org in the section Projet collectif de recherche – Etude des navires du XVIe siècle. The file deals also with other seven pieces found in this wreck comprehending another Couleuvrine moyenne cast by the same gunfounder (although without any evidence I suspect he was working in Nantes).

Le 08/10/2012 à 16h40, Archives Vendée ; a écrit :

Synthèse des réponses le 8 octobre 2012.

La fonte de cette couleuvrine de bronze, retrouvée à bord du "San Juan" (Sciacca, Sicile), pourrait avoir été financée par les paroissiens du Château-d’Olonne pour se défendre contre les incursions de corsaires basques au service de l'Espagne, ou de pirates, dont les attaques sur les côtes vendéennes sont fréquentes au 16e siècle.

M. Faucherre précise qu’il s’agit d’une arme de défense terrestre qui a sans doute été volée. Sa fabrication correspondrait aux ordonnances de François Ier en 1537 (référence à préciser) relatives au guet de la mer dans les paroisses littorales.

L’identification du calibre et du fondeur nécessiteraient une étude approfondie qui dépasse le cadre du L@boratoire.

Nous attendons avec impatience la publication de l’article de M. Ridella "L’ultimo viaggio della Parissona Grossa - Storia di un veliero basco-genovese naufragato a Sciacca nel 1581" pour connaître ses conclusions.

En l’absence de nouvelles pistes, ce billet est clos. Merci de vos participations.

Le 07/02/2014 à 12h22, Archives Vendée ; a écrit :

L'article de Renato G. Ridella "L’ultimo viaggio della “Parissona grossa” : Storia di un veliero basco-genovese" est consultable en ligne à l'adresse http://oua.be/1eqn.
L'auteur y explique comment le canon du Château-d'Olonne est arrivé à bord du San Juan/Parissona Grossa.